Vœux de nouvel an: décryptage de l’allocution du chef de l’Etat

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alpha conde

L’allocution du Chef de l’Etat lors de ses vœux de fin d’année à la nation fut une occasion pour le premier magistrat de notre pays de réaffirmer sa volonté de maintenir la cohésion sociale et de décliner toutes les nombreuses réformes qu’il a initiées et qu’il projette de réaliser pour le développement du pays.

 

Le début de l’allocution pointe la nécessité de préserver un environnement démocratique comme il en est le garant le plus sûr. Il a rappelé l’importance de la pluralité des idées et des opinions, source de richesse du débat citoyen et démocratique, mais cette pluralité ne doit pas être le prétexte à la haine, à l’exclusion ni aux violences lors des manifestations politiques. Le Chef de l’Etat, tout en rappelant l’impérieuse nécessité de préserver le droit de manifester, consacré par la constitution, regrette les dérives et les cas de morts enregistrés lors de ces marches politiques.

En termes de vœux, le Chef de l’Etat s’est adressé à nous, les Guinéens, sans exclusive, pour une année de bonheur, de paix, de prospérité et de joie dans les familles et pour les personnes seules, isolées et fragiles. Il a marqué sa reconnaissance aux forces de l’ordre pour leur sacrifice et leur courage pour nous défendre et garantir la survie de nos institutions. Aussi, en bon panafricain, il a adressé ses vœux de paix aux pays-frères pour une sous-région et une Afrique plus apaisées et prospères.

De plus, le Président a esquissé un bilan ô combien méritoire de ses actions et réformes à la tête de notre pays. Sur ce plan, les résultats sont incontestables en particulier dans le domaine économique où les grands équilibres ont été rétablis et consolidés (réduction de l’inflation de 21 à 8%, l’accès au programme PPTE, la signature de l’accord-cadre des 20 milliards avec la chine ainsi que l’accord des 21 milliards avec le groupe consultatif de paris 2016-2020…) et dans celui des infrastructures routières et énergétiques notamment la construction des barrages de Kaleta, Souapiti, d’Amaria ou encore Koukoutamba.

L’agriculture et les mines ne sont pas en reste dans les politiques publiques impulsées. Aujourd’hui, la Guinée bénéficie de 100.000 tonnes d’engrais contre 5.000 en 2010 pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. La production de la bauxite, première ressource du pays, passera de 13 millions de tonnes en 2010 à presque sûrement 100.000.000 de tonnes en 2020. Pour valoriser cette production et redistribuer les produits de la croissance aux populations « 15% de nos recettes minières sont désormais affectées au financement des collectivités locales dans le cadre de l’ANAFIC. C’est-à-dire, plus de 700 milliards de Francs Guinéens visant à impulser une dynamique de développement économique à la base, en créant des emplois et en stimulant l’entreprenariat des jeunes et des femmes sur toute l’étendue du territoire national ».

L’école retient toute l’attention du président de la République car elle le 3è pilier du PNDES. Des projets innovants sont initiés pour qualifier notre système éducatif. Une instruction est donnée au gouvernement de se pencher sur l’habitat et sur les services de santé en faveur des fonctionnaires en particulier les enseignants pour améliorer leur condition.

En outre, plusieurs agences nationales ont vu le jour dans différents secteurs (inclusion sociale et financière, mobilisation financière, employabilité des jeunes et femmes…) pour créer un cadre idoine de développement harmonieux et inclusif du pays.

Enfin, le débat sur la constitution ne fut pas esquivé. Au sortir des consultations conduites par le Premier Ministre, un projet de nouvelle constitution sera soumise au peuple. Celle-ci sera adaptée à nos réalités et créera le cadre d’épanouissement pour toutes les composantes de la nation. Le Chef de l’Etat a insisté sur le respect de la souveraineté du peuple et s’est engagé à se soumettre à cette volonté populaire lors de la consultation référendaire.