EMERGENCE HORIZON 2040 : la vision du Président Alpha Condé pour bâtir les bases du développement

0
3576

Alors que la Guinée vit au rythme des convulsions du débat sur la réforme constitutionnelle, les grandes questions liées à l’avenir économique, politique et social de millions de Guinéens et des générations futures ainsi que du sort de leur pays restent les principales préoccupations du Président de la République Alpha Condé.
A quatorze mois de l’échéance de son second quinquennat, pour Alpha Condé comme pour ses concitoyens l’heure est au bilan, mais aussi à la réflexion prospective. Car comme le répète souvent le professeur président « C’est vrai que nous venons de loin, mais nous sommes encore loin du but » 
Chronique d’une ambitieuse vision. 

En cette mi-juillet, les premières grandes pluies s’annoncent à Conakry, quand au palais Sekoutoureya le président Alpha Condé offre un banquet en l’honneur de son hôte du jour. Depuis le 11 Juillet, George Weah effectue une visite de travail de 48h à Conakry.

Devant un parterre de diplomates, patrons du privé et délégations gouvernementales, le président Guinéen fait d’importantes annonces après avoir rappelé les liens séculaires entre les deux pays. Parmi elles, deux principales sont à noter : une autoroute reliant Conakry à Monrovia et le transport prochain du minerai de fer de Simandou et de Zogota par le territoire libérien jusqu’au port de Buchanan. C’est tout Alpha Condé : la conscience du passé, le corps dans le présent et des idées pour l’avenir. L’avenir de son pays, qu’il ne dissocie pas de l’avenir de l’Afrique, le continent pour lequel il lutte depuis son adolescence.

À la tête de son pays depuis bientôt dix ans, chaque action qu’il pose part d’un diagnostic rigoureux, et est exécutée selon des besoins actuels et a vocation de servir de base pour l’avenir. On pourrait parler d’une trilogie Alpha quand on regarde dans le rétroviseur pour observer le chemin parcouru par son pays sous son leadership et son impact sur le processus d’intégration sous régional (CEDEAO) et sur la marche du continent.

Infrastructures économiques et sociales, construction de l’Etat, questions sécuritaires, jeunesse, femmes, démocratie et institutions… Rien n’est laissé au hasard par celui qui a pris la direction de la Guinée, un pays en crise d’Etat, en 2011.

Alpha Condé a, à l’occasion d’une interview qu’il accordait à des journalistes étrangers eu ces mots « La démocratie a ses exigences ». Il ne s’agissait pas là d’une simple réponse, mais de l’expression d’une véritable conviction d’un homme qui dit avoir trouvé un pays mais pas un État. Construire l’État de droit par un progrès démocratique constant, voilà l’objectif de l’initiative présidentielle.
En effet, la question de l’État et de la démocratie en Guinée est très complexe.
En plus du poids de l’histoire, marqué par des soubresauts institutionnels périodiques, il y a la variante sociologique qui ampute toute objectivité à l’analyse des questions politiques et institutionnelles. Il faut pourtant composer avec.

Pour Alpha Conde, il n’y a pas d’autres critères que la vitalité des institutions avec pour indicateur, la représentativité des forces politiques d’opposition. En Guinée, près d’un tiers du parlement est occupé par l’opposition, ce qui est un ratio acceptable dans le contexte africain.

Au plan local, les élections ont certes pris du retard, mais se sont finalement déroulées et les résultats montrent une large représentation des forces nationales.
La Guinée est par ailleurs, le pays du dialogue politique permanent. C’est une donnée importante et un bon signe sur l’idée que se font les forces vives du pays, quant au mode de résolution des problèmes nationaux.

Construire l’État, c’est aussi bâtir une administration efficace au service du citoyen et qui a conscience de son rôle économique et social majeur. La réforme du fichier de la fonction publique répond à ce besoin. Extirper les doublons, nettoyer la liste des fonctionnaires et mettre en place un système de plan de carrière n’étaient pas chose facile vu l’état de l’Administration publique en 2011.

Aussi, selon la logique césarienne qui veut qu’il n’y ait « pas de république sans légions », il était absolument nécessaire pour sécuriser le pays, de redonner ses lettres de noblesse à la grande muette : réformer l’Armée. Cette réforme dont les experts affirment qu’elle peut servir de leçon à d’autres pays africains a permis de cadrer les effectifs militaires, de fixer les étapes d’échelonnement, de définir les modalités d’évolution en grade et de jeter les bases d’une armée républicaine, bien formée et consciente de sa mission régalienne.
L’effet a été immédiat. La confiance dans l’armée revient progressivement. Comme l’illustre le nombre de citoyens qui se sont réfugiés dans les camps militaires, lors de malheureux affrontements intercommunautaires en zone forestière.
Cette restructuration a servi de trame pour lancer les chantiers économiques destinés à faire de la Guinée un pays émergent.

« Economie, tout pour atteindre l’émergence »

Pour Alpha Condé, la vocation de la Guinée est de devenir un pays émergent à l’horizon 2035-2040. Il se projette une vision de Conakry comme ville entre Genève la financière et Singapour la futuriste. La Guinée quant à elle, le président l’entrevoit comme un pays à revenu intermédiaire où les plaines sont aménagées pour une agriculture moderne, les villes sont connectées par des routes bitumées, les villages sont illuminés grâce à l’énergie solaire, les zones industrielles alimentées par de l’énergie hydroélectrique disponible et accessible, où les projets miniers profitent aux populations locales et les femmes prennent pleine part dans le processus de développement, avec des jeunes rivalisant d’inventivité,  et  enfin où les nouvelles technologies révolutionnent l’économie, l’éducation et les services.

Pour réaliser le contenu de cette ambitieuse vision, Alpha Condé a conscience qu’il faut des fondamentaux, des bases dont la solidité structurelle servira de leviers à un développement accélérée et irréversible. Il le sait et il s’y emploie. Les chiffres de l’économie en témoignent. Courant 2012, la Guinée obtient le statut de PPTE. Celui-ci amène automatiquement à une réduction de la dette extérieure guinéenne de 2/3 et permet à l’Etat d’économiser sur chaque année budgétaire 141 millions de dollars, soit l’équivalent presque de ses revenus miniers en 2010.
Depuis, les bons résultats s’enchainent. En dépit d’une période creuse due à Ebola, la croissance économique frôle les deux chiffres en 2016 à 9.9% avant de se stabiliser entre 4 et 6%. L’inflation est maitrisée, 8.9% en moyenne pour 2019, les taux de change demeurent dans une fourchette stable et les réserves de la banque centrale couvrent un trimestre d’importations avec 596 millions de dollars. Dans un pays où le taux d’accroissement de la population est de 2.8% et dont la capitale comptera 6 millions d’habitants dans 20 ans, il faut une croissance soutenue sur une longue période pour réduire drastiquement la pauvreté. Celui qui a été, dans une autre vie, professeur de finances publiques ne l’oublie pas. Et il mobilise tous les facteurs intérieurs comme extérieurs pour parvenir à l’émergence.

« La destination Guinée assure et rassure »

« On ne peut pas développer un pays sans ceux qui possèdent le capital financier, les hommes d’affaires ». Ces mots de Alpha Condé sonnent comme un mot d’ordre au gouvernement Guinéen :il faut rassurer les investisseurs et les partenaires internationaux et leur assurer les meilleures conditions possibles. Une batterie de réforme suivra cette orientation. Depuis, les investissements directs étrangers ont explosé. Notamment dans le secteur stratégique des mines. En 2019, 3 milliards de dollars sont en cours d’investissements, chiffre qui doublera à l’horizon 2021. Avec les partenariats publics privés, les investisseurs développent infrastructures et projets structurants.
Ce regain d’attractivité résulte de trois facteurs principaux : une stabilité politique et sociale relativement acceptable, les investissements massifs dans le parc hôtelier et l’amélioration de la gouvernance reconnue par les partenaires techniques et financiers.
Ces partenaires justement. Ils sont les premiers avocats de la Guinée auprès des investisseurs. En 2017, la Banque Mondiale classait la Guinée parmi les cinq pays les plus réformateurs au monde ; les satisfécits s’enchainent : G8 Londres, World Economic Forum, ITIE, NRGI. Tous saluent les performances et la dynamique de réforme impulsée depuis 2011. Les résultats ne se font pas attendre : deux FEC (Facilité Elargie de Crédit) avec le FMI en 2012 et en 2017 pour 650 millions de dollars de prêts non concessionnels, 3.5 milliards de dollars mobilisés entre 2016 et 2019 pour le PNDES, quand la BAD conclut deux programmes avec la Guinée. L’un relevant du Cadre de Partenariat Pays pour 1.5 milliards couvrant la période 2018-2023, et l’autre dans le cadre du Document Stratégie Pays, de 371 millions de dollars pour la période 2018-2022. Pendant ce temps, la Banque Mondiale et l’Union Européenne s’engagent à soutenir l’Agence Nationale pour l’Inclusion Economique et Sociale et l’Agence de Financement des Collectivités. Et plus surprenant, le Qatar accorde un appui budgétaire de 60 millions de dollars à la Guinée.

« Infrastructures, témoignage d’une vision futuriste« 

Autoroute Conakry-Bamako, Route Internationale Labé-Dakar, Restauration des aérodromes dans les villes de l’intérieur, plus de 2000km de routes en cours de construction ou de réhabilitation, autoroute Conakry-Monrovia, Route internationale Lola-Danané, Elargissement du port de Conakry, Construction de cinq ports en eaux profondes, construction de barrages hydroélectriques et…Conakry Vision 2040. Alpha Condé n’est ni en 2019 ni en 2020, il est dans le futur proche et lointain. Et il travaille à donner les moyens de ce futur à son pays. Le PNDES répond à cette logique de développement intégral et intégré. C’est la traduction programmatique des étapes à franchir pour atteindre le but ultime rêvé : l’émergence. Ainsi, alors qu’en 2011, 81% des quelques 2000km de routes précédemment bitumées étaient en état de dégradation avancée, un vaste programme de réhabilitation et de construction de nouvelles routes est engagé. L’objectif affiché est de rattraper à court terme le ratio de densité routier de la sous-région en passant de 3.1 km/100 m2 à 5km/100 m2. Le port de Conakry qui est 200km plus proche de Bamako que Dakar, doit selon Alpha Condé profiter de son avantage comparatif. Pour cela, des investissements en partenariats publics-privés sont réalisés pour son agrandissement et sa modernisation. L’objectif est double : d’une part il est économique. Il s’agit de faire passer de 9 à 15 millions de Tonnes le volume de traitement afin de se conformer aux meilleures performances de nos voisins directs (Sénégal notamment). D’autre part, la question du port de Conakry s’inscrit dans une vision panafricaine du Président Alpha Condé. Avec la construction prochaine de l’autoroute Conakry-Bamako, le port de Conakry modernisé offrira plus de possibilités aux pays enclavés du Sahel.

Dans le tempo de l’intégration africaine toujours, les projets énergétiques en Guinée sont pensés de sorte à en faire bénéficier certains pays limitrophes dont la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée Bissau principalement. Après Kaleta qui a permis d’améliorer la desserte en électricité, Souapiti arrive. Ce barrage qui est le plus grand en construction actuellement en Afrique de l’Ouest, une fois terminé, assurera l’indépendance énergétique du pays et pourra plus tard avec Amaria et une série de petits barrages faciliter la politique d’industrialisation. On l’aura compris, le souci du Président Alpha Condé est d’assurer la disponibilité de l’énergie mais surtout de l’énergie propre aux guinéens et à ses frères africains. D’énergie propre, parlons-en. Dans le sillage de la COP21, la Guinée s’est vu confier la coordination de l’Africa Renewable Energy Initiative, dont le premier conseil d’Administration durant lequel 104 projets ont été retenus, s’est tenu fin juin à Conakry en présence de quatre ministres africains de l’énergie ainsi que celle du président tchadien. Témoignage ultime de la qualité de visionnaire de Alpha Condé, ces mots de Idriss Deby : « Alpha Condé est notre Champion ». Ce champion, prépare son pays pour aller chercher le trophée de l’émergence en 2040. Àtitre illustratif, il développe le plan Conakry Vision 2040, une ville moderne et verte. Les études de faisabilité bouclées avec le concours de l’Union Européenne en 2016, montrent un grand plan d’aménagement urbain qui va définitivement installer la Guinée dans le XXI -ème siècle.

« Révolutionner le monde paysan« 

En ce XXI -ème siècle, Alpha Condé souhaite y faire entrer la paysannerie guinéenne. Il se positionne aussi comme son champion. Pour ce grand admirateur de Mao Tsé-toung la question paysanne est cruciale. Surtout dans un pays où plus 6 millions d’hectares de terre sont disponibles et dont seul le quart est exploité. Le monde paysan, c’est les 2/3 de la population active du pays et c’est avec les mines la deuxième mamelle de l’économie nationale. L’ambition d’Alpha Condé est d’en faire la première. Sa méthode tient en deux mots : Productivité et transformation ! Ainsi il fait un pacte tripartite avec les paysans et le secteur privé : L’État crée les conditions d’une bonne productivité pour les paysans et d’installation d’usines pour les privés, les paysans s’engagent à mieux et bien produire, le secteur privé réalise la transformation. Si le troisième segment peine encore à décoller les deux premiers termes du contrat sont exécutés. Avec la coopération du Maroc, l’État a mis à la disposition des paysans 100 000 tonnes d’engrais pour la seule année 2017 contre 20 000 tonnes en 2011. 16 000 hectares de terres ont été aménagés et plus de 2000km de routes villageoises sont en réhabilitation. Résultats : la production du riz a doublé, celle du maïs a augmenté d’un tiers et des cultures comme l’anacarde, le soja ainsi que le café ont connu un essor considérable. Pour Alpha Condé, les paysans d’aujourd’hui et de demain doivent s’inscrire dans la révolution technologique. Ainsi, une application pour commander des engrais et disposer de conseils agricoles a été lancée. Le numérique justement ! Le président Guinéen voit dans le retard accumulé des africains une opportunité. Surtout pour les jeunes.

« Une vision pour une génération numérique« 

En Guinée, 70% de la population est dans la tranche 15_35 ans. Cette jeunesse s’accommode mal de la tradition du stylo et du papier. Elle fonctionne avec le numérique et l’univers des technologies nouvelles. C’est pour elle que Alpha Condé appelle de tous ses vœux à une révolution numérique dans son pays et en Afrique. C’est pourquoi, bien que satisfait des efforts de son équipe dans ce domaine, il rappelle que le taux de pénétration d’internet en Guinée est de 30%, contre 50% en Afrique et que la Guinée n’a que 4000 Km de fibre optique. Sa vision sur ce sujet est large encore. « Nous devons maitriser l’énergie et les nouvelles technologies ». Alpha Condé voit en effet dans le numérique un facteur d’optimisation de ressources et de transformation profonde des leviers de l’économie. Adaptée à l’éducation, à l’administration et au service, la technologie permettra à la Guinée de rentrer dans un monde digital et d’emprunter toutes les routes menant à l’Emergence. La génération numérique c’est aussi l’éducation. Le mobile principal est de donner aux jeunes guinéens les outils pour compétir, en ayant les meilleures formations possibles, adaptées au besoin du marché du travail guinéen et d’ailleurs. La réforme actuelle de l’enseignement supérieur en cours s’inscrit dans ce cadre. Les jeunes guinéens reconnus talentueux doivent selon le président Alpha Condé bénéficier des meilleurs standards en matière d’éducation. Le président Guinéen l’a souvent dit ; les cœurs de cible de sa gouvernance sont les jeunes et les femmes. Ces femmes pour lesquelles le régime actuel a beaucoup fait et que Alpha Condé considère comme un levier important du développement du pays.

« Les femmes, un grand atout »

S’exprimant à la semaine du numérique le président a rappelé que « le taux de remboursement des prêts faits aux femmes dans le cadre de la MUFFA est de 95% ». Àune autre occasion il montrait sa satisfaction face aux performances des femmes directrices administratrices et financières. C’est que pour Alpha Condé, les femmes en Guinée représentent un véritable atout. Représentant 50% de la population, de plus en plus éduquées et mieux formées, constituant la véritable force ouvrière dans le monde rural, les femmes guinéennes sont au front dans le secteur productif. Raison pour laquelle, diverses réformes ont été menées pour non seulement améliorer leurs droits mais aussi manifester la reconnaissance de la nation toute entière de leurs efforts : parité, réforme de la loi sur le mariage, promotion du genre dans l’administration… La relation qu’entretient Alpha Condé avec les femmes est symptomatique de l’idée qu’il se fait de la Guinée, son pays, pour lequel il souhaite un nouveau départ, sur de nouvelles bases.

« La nécessite d’un nouveau pacte social et républicain » 

C’est dans l’ordre des choses qu’un pays se remette en question quand de grands enjeux qui engagent son avenir se posent à lui. Après une révolution sanctionnée par un coup d’Etat, un pouvoir militaro civil conclu par une crise d’Etat qui a débouché sur un état d’exception ; et enfin une période transitionnelle précipitée, il est peut-être temps d’ouvrir un débat national pour définir les bases de l’avenir. Traversée par de longues périodes troubles et en quête permanente d’une identité républicaine, notre pays est à la croisée des chemins entre une histoire mal intégrée dans la mémoire collective et un avenir en point d’interrogation. Dans un tel contexte, rien de mieux que des réformes institutionnelles profondes pour conclure un pacte social et républicain susceptible de permettre au pays de capitaliser sur ses acquis économiques et sociaux et de lancer les grands chantiers de l’avenir afin d’atteindre fièrement le stade de pays émergent avec une nouvelle génération citoyenne.

LAISSER UN COMMENTAIRE