Les routes : la Guinée, un pays en chantier !

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S’il y a un secteur en plein chantier et dont le visage change graduellement et qualitativement, en dépit des contraintes de ressources, de la disponibilité d’expertises, d’équipements lourds et de logistiques appropriés, c’est bien, de l’avis de bon nombre de Guinéens, le domaine des infrastructures routières. Le secteur change de visage au jour le jour depuis l’avènement à la tête de ce département stratégique du jeune et dynamique Moustapha Niaté. Ce garçon, grand baroudeur a imprimé ces derniers mois, un nouvel élan et du dynamisme en s’employant avec les maigres moyens de bord dans la réhabilitation et la restauration du réseau routier très dégradé dans la capitale et beaucoup entamé dans l’arrière-pays.

En effet, et très vite, ce grand manager, sans tambour ni trompette, a pris la mesure des défis et difficultés de terrain en mettant en branle un plan d’urgence pour s’attaquer aux points critiques dans la capitale et aux infrastructures de franchissements dans les fins fonds du pays tels que les vieux ponts qui menaçaient de s’effondrer. Les Guinéens gardent en tête également, cette image d’un Ministre au four et moulin sur le chantier du pont de Linsan sous les eaux, se déployant comme un beau diable pour ouvrir et préserver un corridor de contournante afin d’éviter de « couper » le pays de sa capitale.

Cette image est le reflet du grand abattage que le Ministre des Travaux publics et son équipe mènent au quotidien, depuis des mois pour concrétiser le portefeuille de projets de sa feuille de route ainsi que les initiatives présidentielles programmées pour l’extension et la Modernisation du Réseau Routier National. Une noble ambition pour un pays qui vient de très loin en matière d’infrastructures routières.

Le réseau routier guinéen…un brin d’histoire !

De 1958 à 1984, le Réseau Routier National est passé de 10.143 Km à 12.753 Km. Au décompte, ce sont environ 1 124 Km Routes Nationales qui ont été bitumées ; 262 km de Routes en Terre moderne construites auxquels s’ajoute le développement des grands ouvrages de franchissement pour 970 ml.

Le développement des infrastructures routières était soutenu par des projets des partenaires au développement avec l’ouverture de plus de 2,000 km de route en terre et la mise en place de brigades organisées pour le suivi et l’entretien du réseau. Il ressort de cette période qu’en 1984, 60% du réseau était dégradé.

De 1984 à 2010, la Guinée n’a connu que deux grands projets routiers notamment, le 3e projet de la Banque Mondiale qui a permis la réalisation des travaux de 1 131 Km de semi-réhabilitation et de 471 Km réhabilitation comme sur l’axe Conakry-Mamou et la réhabilitation de quelques voiries ; ensuite le 4è projet routier qui a été initié par la Banque Mondiale avec la construction de 400 km de route notamment sur l’axe Mamou Dabola Kouroussa Kankan. On soulignera néanmoins le grand projet Kankan Kouremalé Bamako qui a permis de désenclaver et de fluidifier la circulation en Haute Guinée et la soustraire de l’emprise et des difficultés au niveau des vieux bacs pour la traversée des grands fleuves. On listera également la construction du pont sur la Fatala et le bitume de relier le Raponka au Kakandé en région maritime.

Malgré tous ces travaux réalisés, faute d’entretiens la Deuxième République a légué un réseau routier dégradé à plus de 81%. Très peu de voiries urbaines étaient construites avec une densité routière en dessous de la moyenne sous-régionale.

L’ambition de changer et la volonté de moderniser le réseau routier national

En Juillet 2012, le Président Alpha Condé, à peine entrée en fonction, déclarait que dans notre pays « tout est à reconstruire ». Il n’avait pas tort, au regard de l’état critique dans lequel il avait trouvé le secteur des infrastructures routières. Face à cet état des lieux peu reluisant, le chef de l’Etat avait instruit dès lors, de revoir et de renforcer la politique de développement des infrastructures routières en mettant en place des organes de gestion et de fonctionnement plus structurants des réformes fortes pour lancer une nouvelle dynamique.

Grâce à sa vision, les Ministres en charge des Travaux Publics ont pu redéfinir une stratégie globale de développement axée sur la réorganisation des structures, des maitres d’ouvrage, de la protection de nos infrastructures, de la gestion des ressources, des modes de financements etc. Dans ce cadre, plusieurs réformes ont été engagées notamment la maîtrise d’ouvrage de toutes les routes et voiries urbaines qui a été ramenée au sein du Ministère en charge des Travaux Publics ; des Directions Nationales spécialisées créées afin de limiter au maximum les conflits d’attributions et le gaspillage financier qui en découle.

Ces nombreuses réformes institutionnelles et organisationnelles, ont permis à notre pays, peu à peu, d’être conforme aux normes régionales notamment en matière de protection du réseau routier avec l’adoption de la Loi portant protection du patrimoine routier.

Sur la même lancée, le Président de la République a ordonné de nouvelles stratégies globales d’entretien routier basée sur une prépondérance accordée à la protection du réseau permettant ainsi le renforcement progressif de l’armature routière nationale à travers la mise en œuvre de solutions techniques évolutives adaptées. D’autres réformes ont aussi portée sur la création d’un cadre propice pour l’utilisation des financements privés en vue de la réalisation des infrastructures routières à travers le Partenariat Public-Privé (PPP) avec l’adoption de la Loi N°2017‐32 du 4 juillet 2017.

Après avoir engagé toutes ces réformes, le professeur Alpha CONDÉ a lancé une initiative présidentielle pour l’extension et la modernisation des infrastructures routières. Objectif : prendre en compte des pôles compétitifs lorsque l’on sait que la route absorbe plus 90% du trafic à l’intérieur de notre pays avec le déplacement des commerçants, des populations etc…Cette renaissance enclenchée en 2011 a demandé beaucoup d’investissements et de mobilisation d’acteurs nationaux et des PTFs.

Au moins 2 milliards 200 millions de dollars ont été investis dans le développement des infrastructures routières sous la 3eme République avec à la clef plus de 320.000 emplois créés uniquement avec les travaux routiers. En témoigne ce tableau indicatif des réhabilitations.

 

 

 

En réhabilitation :

RN1 Dabola-Kouroussa (150 km),

RN1 Coyah-Friguiyagbé (38 km)

RN1 Friguiyagbé-Sougueta (70 km)

RN1 Sougueta-Mamou (83 km)

RN1 Mamou-Dabola (145 km)

RN2 Seredou-N’Zérékoré (135 km)

RN2 Mamou-Faranah (185 km)

RN3 Boffa-Kolabounyi (96)

RN5 Mamou-Labé (150 km)

RN7 Kankan-Mandiana (100 km)

Et en reconstruction :

RN1 Coyah-Mamou-Dabola (370 km)

RN1 Dabola-Cissela (68,06 km)

RN1 Cissela-Kouroussa (82,94 km)

RN2 Kissidougou-PK63 de Guéckédou (63 km)

RN2 Kissidougou PK63-Guéckédou (18,5 km)

RN2 Guéckédou-Kondébadou (35 km)

RN4 Coyah-Koulété (35km)

RN4 Koulété-Farmoreah (40km)

Par ailleurs, près de 250 km de voiries urbaines ont été réhabilitées la majorité dans la Capitale qui en avait grandement besoin ainsi qu’à Siguiri et à Kankan à l’intérieur du pays. En outre, plus de 1100 km de routes préfectorales ont été entretenues et ou réhabitées.

De gros investissement en matière de projet de constructions routières

Avec une confiance retrouvée et l’appui des bailleurs de fonds, le président de la République à immédiatement engagé un vaste programme de mobilisation des recettes intérieures et des financements extérieurs pour lancer des travaux de construction de nouvelles routes et de voiries à travers tout le pays.

C’est ainsi que depuis 2011, de nombreux axes sur les routes nationales sont construites comme la RN5 avec Koumandji-Manda Sintourou, Komba-Boumehoun bretelle Kounsitel Gaoual, la RN30 Siguiri-Kintigna (30 km) ou encore la RN1 Km36-Coyah (17,5 km). Certaines sont en cours et pour d’autres, le financement est bouclé ou les contrats sont signés.

En grand bâtisseur, le Président de la République a toujours voulu que les grandes villes de Guinée disposent de voiries urbaines construites et bitumées. En plus de Siguiri et Kankan, nous avons désormais une bonne partie de la voirie des grands centres urbains construits, en cours ou qui le seront bientôt. Il faut noter que c’est un des gros acquis dans le secteur des travaux publics. Les populations locales disent souvent d’ailleurs : « Nous n’avons jamais vu de goudron avant Alpha Condé ». Il faut noter également que la volonté du Chef de l’Etat de célébrer les fêtes tournantes de l’indépendance nationale a permis de faire de construire de développer les voiries urbaines de nos villes. Le réseau s’est fortement amélioré et densifié dans ce sens dans villes intérieures. Les communes urbaines ont changé de visage sur le plan de la voirie urbaine dans le pays profond. Des chiffres qui parlent d’eux même :

Au titre des travaux réalisés dans les grands centres urbains, en cours ou à démarrer, nous pouvons citer : Mamou : 15 km, Dalaba : 12,6 km, Kindia : 12 km, Télimélé : 10 km, Labé : 15 km Pita : 13 km, Kouroussa : 15 km, Siguiri : 20 km, Kankan : 33 km, Mandiana : 5 km, Kérouané : 5 km, Beyla : 12,6 km, Lola : 12 km, Gueckédou : 10,6 km, N’zérékoré : 30 km, Baro : 8,5 km. On peut également citer 15 km pour Boké/Boffa, Coyah/Forécariah : 20 km et pour Kissidougou, Faranah, Dabola, Dinguiraye, Kouroussa, Siguiri, Mandiana et Kérouané un linéaire total de 52 km.

Des ponts et ouvrages de franchissements pour désenclaver le pays

L’un des résultatstangibles et palpables de la politique sectorielle des travaux publics ce sont ces différents projets d’entretien, de réhabilitation et de construction de ponts et autres ouvrages de franchissement qui ont permis de relier, de désenclaver nos territoires et de fluidifier la circulation et rapprocher les populations des différentes régions. Sur l’axe Komba-boumehoun bretelle Kounsitel Gaoual, 7 Ponts ont été construits pour 340 ML. Concernant le tronçon Kouramandji-Manda Sintourou, 2 Ponts pour 60 ML y sont érigés. Vous pouvez également noter le pont de Kaaka à Coyah de 130 ML. Dans le domaine des routes préfectorales, le département a fait construire plus de 2600 mètres linéaires de ponts.

Quant à la Capitale Conakry, elle n’a pas été oubliée par ces gros investissements. Les usagers de la route sont témoins de la réhabilitation de plusieurs voiries et de la construction de nouvelles routes d’environ 88 km réalisé.  Il y a, en perspectives, ces quatre échangeurs (km36, Kagbelen, Hamdallaye et Bambeto) qui sont programmés. On prévoit également dans le moyen terme d’autres ponts de désenclavement dans Conakry précisément au niveau de Kakimbo, Kiroti, Demoudoula, Kissosso et celui de Kassonyah dans le cadre d’un projet hollandais.

Relier efficacement la Guinée au réseau routier sous régional et régional

Le Président de la République dans sa vision panafricaniste, dont le 1er volet dans un futur proche, sera axé sur des projets d’envergure pensés et conçus pour le présent et le futur, en vue de   renforcer la liaison inter-régionale notamment pour le développement du commerce et la mobilité des populations locales. Il s’agira de bitumer très bientôt de nouvelles routes nationales notamment la RN23 Boke-Gaoual, la RN24 Télimélé-Gaoual, la RN5 Labé-Komba, la RN5 Manda-Sintourou Komba, la RN24 Kindia – Télimélé – Gaoual : 280 km et la RN27 Labé-Tougué-Dinguiraye-Siguiri).

Avec le second volet, le président Alpha Condé viendra pour boucler la boucle en reliant complètement notre pays à ses voisins par des routes sûres et praticables. La RN1 N’Zérékoré-Yomou- Frontière Libéria (85km), la RN38 Tintioulé-Sabadou Baranaman-Boula Frontière Côte d’Ivoire (129 km), la RN6 Kankan-Siguiri-Kouremale Frontière Mali en autoroute (212,6 km) et la RN8 Labé-Mali-Kédougou Frontière Sénégal (185 km) sont les tronçons qui sont pris en compte. La RN4 Coyah-Farmoreah Frontière Sierra Leone (70km) est en phase de démarrage de construction actuellement et la RN3 Boké-Quebo Frontière Guinée Bissau (86 km) a son financement bouclé avec l’Union Européenne et la Banque Africaine de Développement.

Tableau récapitulatif du développement des infrastructures routières

Routes Nationales Bitumées construites/reconstruites : 1136,67 Km

Voiries Urbaines Bitumées construites : 540,45 Km

Routes Préfectorales et Communautaires : 4066,11 Km

Routes Réhabilitées 2366,18 km

Ponts sur les Routes PC : 2690,3 ml

Ouvrages de Franchissement : 3215 ml

Dalots : 158 Unités

Bacs et Ponts Secours : 23 et 5 Unités

Ce gigantesque travail à l’initiative du Président Alpha CONDÉ, patiemment et efficacement mis en œuvre par le Ministre Moustapha Niaté et ses prédécesseurs sous la coordination gouvernementale permet aujourd’hui à la Guinée, de disposer d’un Réseau Routier National qui passe de 43.348 Km à 50.941,96 Km soit 5.638,91 Km de Routes.

Synthèse Madina Men

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