CONFERENCE DIPLOMATIQUE : UNE DIPLOMATIE POUR L’ECONOMIE ET LA DIASPORA

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Du 29 Avril au 3 Mai 2019, s’est déroulée à Conakry la première conférence diplomatique autour du thème « La diplomatie au service de l’émergence « 

Une quarantaine d’ambassadeurs et de Consuls de Guinée à l’étranger, l’ensemble des représentations étrangères accréditées en Guinée, des officiels des organisations internationales et des organismes de développement étaient présents à cette première édition à l’hôtel Kaloum. Organisée par le ministère des affaires étrangères, cette conférence était placée sous le patronage du Président de la République, le Professeur Alpha Condé.

Dans un monde où les options diplomatiques s’accompagnent d’enjeux économiques, la Guinée ne peut continuer à pratiquer une diplomatie de type classique qui résume les rapports entre États à la courtoisie et au bon voisinage. Comprendre les orientations du passé, regarder la réalité de la société internationale d’aujourd’hui pour in fine fixer le cadre de la diplomatie qu’il faut pour notre pays et ses ambitions. Voilà le message de fond qu’à transmis le Chef de l’état au corps diplomatique en évoquant trois axes majeurs de l’idée qu’il se fait de la nouvelle diplomatie guinéenne : Tirer meilleur profit de notre passé diplomatique, faire de la diplomatie d’affaires, protéger le citoyen guinéen vivant à l’étranger.

« Tirer Profit de l’actif historique et des succès actuels « 

En effet, l’histoire diplomatique de la Guinée a connu une évolution intéressante du point de vue de l’orientation. D’une diplomatie résolument militante sous la première république, notre pays est parvenu sous le régime du Pr Alpha Condé, à être une diplomatie influente après avoir été sous la deuxième république une diplomatie présente. Cependant si les talents de négociateur et le penchant panafricain du Chef de l’état ont permis à la Guinée de devenir un pays qui compte à travers la résolution des crises sous régionales et surtout la présidence de l’union Africaine ; force est de constater que l’appareil diplomatique, la carte diplomatique et mêmes les comportements de nos diplomates n’ont pas suivi le mouvement impulsé par le Président de la République. Ce dernier à l’occasion de cette conférence n’a pas manqué de rappeler certains méfaits de diplomates vis à vis de notre patrimoine à l’étranger avant de les exhorter à s’inscrire dans une dynamique proactive : « Faites bien votre travail pour alléger notre tâche ».

Ce travail n’est plus seulement protocolaire ou organisationnel il est devenu surtout stratégique, plus précisément économique.

« L’heure de diplomatie d’affaires »

De fait la Guinée a de quoi revendre. Alors que depuis 2011 les projets miniers fusent, que les relations bilatérales et multilatérales ouvrent des nouvelles frontières sur le terrain des investissements privés dans notre pays, que l’agrobusiness est devenu le secteur économiquement prioritaire de l’agenda du gouvernement, que la Guinée prend le leadership africain sur la production d’énergie propre ; notre diplomatie doit avoir pour rôle de promouvoir le Made in Guinea et d’être le relais à l’étranger des réformes dans notre climat des affaires. De climat des affaires justement, il faut en parler. La conférence a mis en évidence la présence très remarquée de l’agence de Promotion des Investissements Privés qui a présenté les différentes réformes menées dans le cadre de l’amélioration continue du climat des affaires, avec l’appui des partenaires internationaux.

La business diplomatie a certes pour principe de trouver les mécanismes permettant d’attirer les investisseurs, mais elle cache aussi une attitude économique face aux défis. Sur ce sujet, le Chef de l’état n’a pas manqué de mettre en face de leurs responsabilités les diplomates guinéens. Rappelant les exigences d’orthodoxie financière dans le cadre de la coopération avec les institutions de Bretton Woods, le Chef de l’état a exhorté le corps diplomatique à faire contre mauvaise fortune bon cœur, en substituant aux déficits de moyens financiers une communication auprès des investisseurs axée sur la promotion de la destination Guinée.

Car de toute façon, le rôle de la puissance publique est de trouver les mécanismes nécessaires pour apporter le meilleur à ses citoyens.

« Protéger le citoyen guinéen à l’étranger » 

S’il est vrai selon les termes du Ministre des affaires étrangères et des guinéens de l’étranger que les résultats satisfaisants ont fait écho à la Guinée, la situation de ses ressortissants à l’étranger est loin d’être satisfaisante. Notre pays est reconnu comme l’un des principaux pourvoyeurs de migrants clandestins. Ceux-ci, quand ils ne meurent pas en mer vivent dans des conditions déplorables dans leurs pays d’accueil en attendant qu’agisse la solidarité internationale. Au-delà de l’aspect humain, la gestion de nos citoyens à l’étranger est aussi une question d’image. A ce propos, le Chef de l’état n’a pas manqué de souligner « qu’en Malaisie quand on arrête des gens et qu’on dit qu’ils sont guinéens, on se rend compte plus tard que 80% d’entre eux » sont des citoyens d’autres pays.

Il apparaît donc urgent de rationaliser la gestion des flux de nos citoyens à l’étranger, afin de leur assurer une meilleure prise en charge, le cas échéant de les ramener dans des conditions humaines acceptables auprès de leurs familles.

Ainsi, économie et protection du Guinéen sont les deux principes qui animent la nouvelle doctrine de la diplomatie guinéenne à l’issue de cette première conférence diplomatique.

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