Catherine Inglehearn : une femme d’exception

0
285

Arrivée en Guinée il y a quatre ans, l’ambassadrice de Grande Bretagne a fait ses adieux au pays le 26 juin dernier. Au-delà de la diplomate, c’est l’image d’une femme de terrain engagée et passionnée qu’elle laisse derrière elle.

 C’est dans une atmosphère conviviale, que s’est déroulée dans les locaux de l’ambassade de Grande-Bretagne, le déjeuner de presse de départ de l’ambassadrice Catherine Inglehearn, représentant S.M. la Reine Elizabeth II en Guinée. Entre souvenirs et anecdotes, espoirs et espérances, on survole rapidement les moments forts qui ont rythmé la vie personnelle et politique de l’ambassadrice dans notre pays.

L’auditoire présent a pu ressentir les émotions empreintes de nostalgie dans le discours de Catherine Inglehearn, fine connaisseuse de l’Afrique, où elle a passé une majeure partie de sa carrière au sein du Bureau des Affaires étrangères.

En sus des tâches que lui incombe sa fonction d’ambassadrice, Catherine Inglehearn a su apporter une dimension humaine et sociale dans son travail. Durant son mandat, les relations bilatérales entre la Grande Bretagne et la Guinée, ont davantage évoluées : de l’économie à l’agriculture, en passant par les sujets de société, d’environnement ou encore les revendications féminines ainsi que le rôle des médias, tous les sujets ont été traité par l’équipe de l’ambassade.

Catherine Inglehearn a débuté sa mission en guinée en 2015, au moment où la fièvre hémorragique du virus Ebola plonge la Guinée dans le chaos. Elle a « trouvé la Guinée dans une bataille farouche contre une terrible maladie qui a fait des milliers de morts ».

Elle reste cependant « convaincue que la Guinée est en mesure de lutter contre la corruption et la mal-gouvernance.

D’ailleurs, la tolérance zéro face à la corruption ainsi que la mauvaise gouvernance étaient parmi les problématiques traitées par l’ambassade du Royaume-Uni en Guinée, avec l’appui considérable de différentes ONG luttant contre ces fléaux.

« Le Royaume-Uni investit enfin en Guinée » 

Selon elle, la collaboration entre le Royaume-Uni et la Guinée est fructueuse notamment grâce au potentiel minier dont regorge la Guinée, favorisant ainsi le développement économique du pays. La Grande Bretagne « est consciente des intérêts importants en Guinée dans le secteur minier mais aussi dans le fer et dans l’or » a-t-elle déclaré.

La Guinée a un potentiel minier qui n’a pas laissé indifférente l’ambassadrice. Dès son arrivée, elle a fait le nécessaire pour établir des relations économiques avantageuses pour le pays en attirant des entreprises britanniques sur le sol guinéen. C’est par le biais de deux sociétés que nous pouvons constater cette innovation. En premier, ALUFER, entreprise spécialisée dans la bauxite et la société minière de Mandiana (Joint-Venture avec une entreprise marocaine), exerçant dans l’or, investit principalement dans les infrastructures et développe une politique de contenu local et de développement communautaire notable. En second, Rio Tinto et la Société des Mines de fer de Guinée (SMFG), basée à Lola dans la localité de N’zérékoré pour l’exploitation du périmètre minier du Mont Nimba.

L’ambassadrice du Royaume-Uni a néanmoins souligné la fragilité des entreprises à concilier un équilibre entre l’exploitation et le respect de l’environnement et la population dans les zones exploitées.

« J’espère que nous avons fait un bon travail. Nous sommes en train d’encourager et de soutenir un projet bien plus important de mine, de chemins de fer, de port, mais avec un important dispositif agro-industriel ».

Catherine Inglehearn a conscience que ces investissements provoquent des effets négatifs sur l’environnement et dont il faut en tenir compte. C’est pourquoi, bien que « difficile de faire un arbitrage entre les exigences de l’exploitation et la préservation de l’environnement », elle espère de tout cœur « qu’un bon travail sera fait » afin de sécuriser les équilibres environnementaux.

Mme Inglehearn joint l’acte à la parole en dressant avec le concours du ministère de l’environnement une liste d’espèces rares de la faune et la flore en vue de développer un programme de préservation, prouvant ainsi son implication à la fois économique et responsabilité sociale.

« Au front pour les grandes causes »

Celle qui prenait plaisir à visiter les profondeurs de la Guinée, dit avoir en souvenir « la diversité et la beauté du pays ». Et ce ne sont pas les populations paysannes ou les couches féminines qui diront le contraire.

Pour les premiers, elle a fait des efforts considérables afin que les investissements miniers venant de son pays comportent des volets agrobusiness dans le cadre du développement communautaire.

Pour les secondes, elle s’est impliquée personnellement dans toutes les initiatives destinées à favoriser une politique du genre plus inclusive notamment sur la Loi sur le mariage, la parité, la polygamie, l’émancipation des femmes, la scolarisation de la jeune fille, la lutte contre les MGF, l’autonomie des femmes dans les zones rurales entre autres.

Tout ce qui concerne la condition de la femme en général l’interpelle directement.

Vos engagements politique et économique ainsi que votre amour pour la Guinée et sa culture, resteront gravés dans nos mémoires. Pour cela, excellence Madame l’Ambassadrice, La Guinée vous dit Merci.

LAISSER UN COMMENTAIRE