Entretien avec M. Alseny Thiam, écrivain.

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Alseny THIAM est un jeune écrivain Guinéen vivant à Paris. La vingtaine, ce jeune est titulaire d’un son master en économie à l’université de la Sorbonne. Passionné de lecture et d’écriture depuis sa tendre enfance, il est aujourd’hui écrivain plein peut-on dire, poète et romancier. Lisez ce qu’il nous confie dans les lignes qui suivent !

Vous êtes un jeune écrivain, dites-nous qu’est ce qui vous a poussé à l’écriture ?

J’avais environ 12 à 13 ans, quand je me suis lancé dans l’écriture. Très tôt, j’ai été bercé par la littérature classique Européenne, j’ai aussi lu des romans guinéens comme  »l’enfant noir  » de Camara Laye, que tout le monde a lu je crois, Williams Sassine aussi et tant d’autres. Donc j’éprouve pour l’écrit une grande passion.

Que pensez-vous des écrivains Guinéens ?

Présentement, je ne lis pas assez d’ouvrages guinéens mais je sais qu’il y a des écrivains comme, Salif keita, Thierno Monenenbo, qui est d’ailleurs un pionnier parmi les Auteurs Guinéens et internationalement connu aujourd’hui, à travers ses différentes publications. Après, il y a bien d’autres auteurs qui sont malheureusement moins connus ; comme Saidou Bokoum, et la génération montante d’aujourd’hui dont les premiers pas sont assez prometteurs.

De quoi parlez-vous exactement dans vos romans ?

Dans mes romans, je parle généralement d’amour, de solitude. Pour mon premier roman par exemple, je parle d’événements tragiques, notamment le 28 septembre 2009 en Guinée, et j’essaie de concilier des thèmes actuels comme la solitude, amour et d’autres thèmes.

Pour l’instant vous avez eu à publier combien de roman ?

J’ai publié un recueil de poèmes en 2010 aux éditions AMALTE, et un roman aux éditons‘’panthéon’’.

La Guinée accueille l’événement Conakry Capitale Mondiale du Livre 2017. Que pensez-vous de cette manifestation hautement culturelle ?

C’est un événement qui sera une vitrine pour le livre en Guinée et dans le monde. Je crois que c’est la 2ème capitale africaine à accueillir un rassemblement de cette envergure. Ce sera une promotion pour les écrivains Guinéens mais aussi pour toute la littérature Africaine.
Cela amorcera une dimension nouvelle pour la lecture en Guinée. De nos jours, nos jeunes sont plus dans les réseaux sociaux, dans le loisir gratuit, plutôt que la lecture qui est pourtant le chemin du savoir. La capitale mondiale du livre va sûrement impulser des initiatives au niveau local, et développer l’amour de la lecture chez les jeunes, susciter chez ces derniers la passion de la lecture, qui seule peut conduire à l’écriture. Nul doute que “capitale mondiale du livre“ ouvrira d’autres portes et produira des projets pour l’investissement dans la culture du livre.

Avez-vous des suggestions par rapport à l’événement Conakry Capitale Mondiale du Livre 2017 ?
Il faudrait à un niveau local mettre des salons de lecture, organiser des salons du livre, apprendre aux jeunes à commenter de façon critique les œuvres et ainsi susciter le débat.
Dans chaque quartier ou province, essayer d’encourager des débats autour du livre. Je trouve que c’est primordial de créer un véritable dynamisme pour que vive le livre.

Déjà à 16 ans, vous avez sorti votre 1er roman, dites-nous comment vous y êtes parvenu et que doit-on faire pour mener la jeunesse guinéenne sur le chemin de la lecture ?
C’est un de mes professeurs de lycée qui m’a donné le goût de la lecture. Car ce n’est pas simplement le fait d’aller à l’école qui donne cette vertu ; mais il faut avoir une source de motivation. J’ai eu des professeurs qui m’ont fait découvrir des auteurs Africains et d’outre-mer, je pense notamment à Aimé Césaire et son célèbre Discours sur le colonialisme qui a été une lecture déclic. Très tôt, mes professeurs m’ont transmis le goût de la lecture à travers les débats et commentaires sur des œuvres que nous étudions en classe.
Qu’est-ce que vous pensez de la culture Guinéenne ?
C’est difficile de trouver une réponse à cela, mais je pense que c’est une culture très riche. La culture c’est déjà l’histoire et en Afrique, particulièrement nous sommes prospères en matière de culture artistique. La Guinée dispose d’une culture riche et variée à travers nos chants et danses, et aussi par la plume de nos écrivains. Le Guinéen a ce côté artiste en lui que ce soit dans l’art et bien d’autres domaines. Ce qui ouvre d’ailleurs d’énormes possibilités d’élargissement et d’enrichissement de notre culture.

Envisagez-vous d’éditer vos prochains romans en Guinée ?

Je compte m’installer en Guinée très bientôt, et s’il y a moyen de publier dans une maison d’édition Guinéenne ce sera pour moi un manque à gagner, parce que j’aiderai la maison d’édition à publier des livres et de faire la promotion des auteurs locaux en diversifiant nos écris. C’est intéressant de toucher aussi un public guinéen. Quand un écrivain est édité par une maison d’édition de son pays,ça lui donne une marge de manœuvre intéressante.

Avez-vous un roman en projet de rédaction ?

Actuellement non, je réfléchi sur un roman qui portera sur l’immigration. Ce sujet est crucial parce qu’aujourd’hui, les jeunes empruntent tous les chemins. En 2016,plus de 5 milles personnes sont mortes en voulant aller de l’autre côté de l’atlantique.Donc, je vais mettre un roman en place, où j’évoquerai l’aventure de deux ou trois immigrants. D’abord, qui vont traverser le désert du Sahara avec toutes les conditions difficiles pour la traversée. Je vais essayer de créer tout une fiction.

Avez-vous d’autres projets ?

Je termine un M2 après avoir fait mon master en économie sociale à Paris. Je souhaite travailler dans tout ce qui est économie sociale. Je vais rentrer bientôt pour m’investir dans ce domaine. Même si c’est difficile de mettre en place une économie solidaire dans un pays où les services publics ne sont pas suffisamment développés.

Madina Men

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