Leadership: Wangari Muta Maathai, l’Amazone des hauteurs de Nairobi !

559

Votre site dans sa lancée plurielle fait découvrir ici une figure féminine emblématique de la lutte de cette ‘’très importante couche’’ pour son bien-être celui de sa famille et par ricochet le bonheur de tout un Peuple. C’est une femme qui a une envergure qui dépasse les frontières de son pays. Notre héroïne est un véritable monument qui a malheureusement quitté le monde des vivants avec des casquettes intellectuelles et professionnelles qui donnent à ses sœurs d’Afrique, prestige et respect à travers le temps. 

Wangari Muta Maathai, née le 1er avril 1940  à Ihithe et morte le 25 septembre 2011 à  Nairobi, est une biologiste kényane et un professeur d’anatomie en médecine vétérinaire.

Cependant, elle est mieux connue pour son militantisme politique et écologiste. Le 8 octobre 2004, elle devient la première femme africaine à recevoir le Nobel de la Paix pour « sa contribution au développement durable, de la démocratie et de la paix »

Wangari Maathai a été élevée dans les White Highlands (en)., elle s’occupe de la majorité des tâches ménagères de la maisonnée. Mais, grâce à la mentalité progressiste de ses parents, la jeune Wangari a la chance d’aller à l’école.

Elle entre à l’école primaire de Ihithe (Ihithe Primary School), puis suit des études secondaires au Couvent Loreto, une école de filles de Limuru (en). Au collège, ses professeurs l’aident, en 1959, à obtenir une bourse du Students Airlifts Programme, mis en place par Tom Mboya en collaboration avec l’African-American Students Foundation afin de permettre à des étudiants kényans de terminer leurs études dans des universités américaines. Elle devient ainsi, en 1964, la première femme d’Afrique de l’Est à obtenir une licence en biologie au Mount Saint Scholastica College à Atchison, dans le Kansas. Puis elle poursuit ses études à Pittsburgh en Pennsylvanie jusqu’en 1966, année où elle retourne chez elle pour une brève période, avant de s’envoler pour l’Allemagne, où elle a obtenu un emploi à l’université de Munich. Elle rejoint ensuite l’Université de Nairobi pour travailler en médecine vétérinaire comme assistante de recherche auprès du Professeur Reinhold Hofmann et y obtient, en 1971, son Ph.D. (doctorat). Elle enseigne, dès lors, l’anatomie vétérinaire et devient par la suite doyenne de la faculté. En 2002, elle est professeur invité au Global Institute of Sustainable Forestry de l’Université Yale.

Maathai a fondé le mouvement de la Ceinture verte (Green Belt Movement) en 1977. Elle commence par planter sept arbres le jour de la Terre, pour honorer les femmes qui dirigent l’environnementalisme kényan. Ce mouvement, soutenu par les Kényanes à travers le pays, aura planté plus de trente millions d’arbres en 16 ans, pour prévenir l’érosion du sol. Maathai est parfois affectueusement surnommée « la femme des arbres » (tree woman), elle est active aussi bien dans le domaine de l’environnement que dans celui des droits des femmes. Elle est également dirigeante du « Maendeleo ya wanawake » (Conseil national des femmes du Kenya).  En 1997, les deuxièmes élections multipartites sont marquées par des violences ethniques. Maathai avait posé sa candidature pour la présidence du Kenya mais son propre parti l’avait retirée avant même de lui en parler, et elle échoue aussi à se faire élire au Parlement. Sous la présidence de Daniel Arap Moi, elle est emprisonnée plusieurs fois (notamment, en 1991, où elle est libérée sous caution grâce au soutien d’Amnesty International) et violemment attaquée pour avoir demandé des élections multipartites, la fin de la corruption et de la politique tribale.

Sa renommée mondiale est acquise lors de son opposition au projet pour la construction de la maison luxueuse d’Arap Moi, projet abandonné grâce à son action. En effet, la construction de cette propriété impliquait d’abattre des arbres sur plusieurs acres de terre. Elle continue à défendre les forêts kényanes et la démocratie au péril de sa vie ou de sa liberté. Elle prône l’utilisation constante de la non-violence et des manifestations populaires avec l’aide des organisations internationales. Elle participe à des groupes onusiens et connaît personnellement Kofi Annan, ancien secrétaire des Nations-Unies.

Militante écologiste, elle fonde le Parti vert Mazingira  en 2003. Ce parti est affilié à la fédération des Partis verts d’Afrique et aux Verts Mondiaux. Elle est élue au parlement kényan en décembre 2002, où elle remporte son siège face à son rival par cinquante voix contre une. C’est à peu près en même temps que Mwai Kibaki bat Arap Moi lors de l’élection présidentielle. Le nouveau président la nomme, en janvier 2003, ministre-adjoint à l’Environnement, aux Ressources naturelles et à la faune sauvage.

En 2006, elle reçoit le titre de Docteur honoris causa de l’Université Sōka de Hachiouji-Tokyo. Le 9 octobre 2008, elle intervient à la conférence d’ouverture du World Forum Lille (Forum mondial de l’économie responsable), à l’occasion de l’avant-première mondiale du film Nous resterons sur Terre, dans lequel elle exprime son point de vue sur les défis environnementaux actuels. Depuis le 29 juillet 2009, Wangari Muta Maathai est conseillère honoraire au Conseil pour l’avenir du monde .

Elle meurt le 25 septembre 2011 à l’hôpital de Nairobi, des suites d’un cancer. Sa dépouille fut mise dans un cercueil confectionné en bambou et en fibres de jacinthe, pour respecter la demande qu’elle avait faite à sa famille de ne pas couper un arbre pour fabriquer son cercueil. Le jour de la cérémonie, un arbre fut planté par ses enfants et petits enfants en présence de centaines de personnes, au Uhuru Park (Parc de la Liberté en Swahili) à Nairobi, que Wangari Maathai avait sauvé de la destruction en mettant en échec un projet de gratte-ciel que le régime autoritaire de l’ancien président Daniel Arap Moi voulait construire à cet endroit .

 Wangari Maathai a reçu plus de cinquante honneurs, récompenses, distinctions et décorations pour ses actions, entre autres :

1984 : Prix Nobel alternatif, « pour la conversion du débat écologique du Kénya en action de masse pour le reboisement », en Suède

1991 : Prix Goldman pour l’environnement, aux États-Unis

1991 : The Hunger Project’s Africa Prize for Leadership, de l’Organisation des Nations unies

1993 : Médaille Edingburg (The Edinburgh Medal), du Medical Research Council, en Écosse

2004 : Prix Petra Kelly (Petra Kelly Environment Prize, Heinrich Boell Foundation), en Allemagne

2004 : Prix Sophie, en Norvège

2004 : Prix Nobel de la paix, « pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix »

2006 : Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, de la France

2006 : Docteur Honoris Causa de l’Université Waseda

Wangari Maathai a écrit et préfacé de nombreux livres. Seuls quelques-uns sont traduits en français ; elle a obtenu le Grand prix littéraire des lectrices ELLE 2008 catégorie Document, pour « Celle qui plante les arbres »

Citations de Wangari Muta MAATHAI

’Chaque arbre est le symbole vivant de la paix et de l’espoir. Plantons des arbres et les racines de notre avenir s’enfonceront dans le sol et une canopée de l’espoir s’élèvera vers le ciel’’.