Femmes d’exception: Madame Barry Hadja Mariama Baldé s’exprime !

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Hadja Mariama Baldé épouse Barry n’est plus à présenter. Nous  ne voulons tout de même pas enfoncer des portes ouvertes. Elle mérite ou ne peut mieux tous les superlatifs dont ou affuble depuis cette nuit mémorable de Février 2008 où elle a été élue ’’femme de l’année’’; Première nominée, Titre d’autant mérité qu’elle a tout d’abord magnifié son époux et principal collaborateur dans toutes ses démarches. Avec cela, tout est dit, nous nous joignons au concert de félicitations et d’encouragements pour les décennies à venir.

Nous voudrions savoir qui est Hadja Mariama BALDE?

Mme Barry Hadja Mariama Baldé : Je suis une femme d’affaires. J’ai d’abord débuté en 1987 par le petit commerce. Ensuite, j’ai voyagé à Dakar, Abidjan, Lomé, Cotonou, Accra et Lagos. A l’époque, je vendais des chaussures, des habits, des sacs, de la  pacotille, des articles pour  femmes et enfants et de la bijouterie  fantaisie. J’importais tout, mais je n’exportais rien.

 Aujourd’hui, dans quel secteur évoluez-vous?

Toute femme d’affaires n’a pas de limite en commerce. J’achète les marchandises du moment. En Guinée, le marché est saisonnier et l’offre dépend de la demande. On ne peut pas se focaliser sur un seul produit comme l’alimentation. Nous vendons des articles de toutes natures. Parfois, ce sont des fournitures scolaires à la veille de la rentrée des classes,  et à  l’approche des fêtes, les vêtements pour enfants.

Socialement, je suis membre fondatrice du secteur de l’informel, qui avait besoin d’organisation. Je suis la Présidente du Groupement des Femmes d’Affaires, antenne du marché Madina. J’ai également appartenu onze mois durant au Conseil national du secteur privé, que le Président feu Lansana Conté avait institué. J’ai aussi adhéré au Conseil national du Patronat de Guinée. J’ai eu assez d’opportunités à travers des formations avec le Bureau International du Travail (BIT), notamment à Turin en Italie pendant deux années. Toutes ces formations à caractère syndical en lobbying et sur la libre circulation des biens et des personnes m’aidèrent à renforcer mes capacités.

Je pense que mon insertion dans ces différentes associations à caractère économique m’ont été d’une portée inestimable. Maintenant, nous faisons des réunions de sensibilisation. Nous réglons tous nos problèmes à l’interne. Je ne suis Madame Barry non pas par mon nom ou ma taille mais par mon utilité. Je pense que je suis utile, toute modestie mise à part. Je peux faire deux jours sans mettre pieds dans ma boutique, alors que je suis dans des affaires sociales.

Vous êtes dans le domaine du bâtiment aussi    

Effectivement, je suis dans le domaine du bâtiment, parce que si tu gagnes quelque chose dans ta vie, il faut l’investir dans un secteur garanti. Si tu n’investis pas, personne ne verra la preuve. L’être humain est gourmand, mais moi, je n’ambitionne rien. Je vais à la limite de mes moyens. J’investis mes propres fonds. Je n’ai pas atteint mon objectif à 100 pour cent. Mais quand je pense rendre service à ceux qui me sollicitent, d’une façon ou d’une autre, je suis réconfortée à plus d’un titre. Si je ne suis pas alitée, je suis dans mon petit commerce pour partager ce que je gagne avec tout le monde.

Votre parcours a-t-il été facile ?

Non ! Au contraire, mon parcours a été très difficile. Mais l’important est que je suis devenue une femme qui compte aujourd’hui. C’est le prix de la persévérance. Je suis courageuse et sobre. Je ne suis pas ambitieuse, qui veux avoir tout ce que je vois. Tous les pays que j’ai visités, j’ai vu des femmes braves et fortes. J’ai compris qu’il fallait être courageux. En Afrique, les femmes sont les premières à se lever et les dernières à se coucher.

Votre message pour les femmes ?

J’ai toujours lancé un message de courage et de persévérance aux femmes. Dans le monde entier, c’est aux Caraïbes seulement, que je n’ai pas visité. Je parle au moins huit langues. J’ai moins de difficultés à m’entretenir avec un francophone ou un anglophone. Je dirais aux femmes d’être sérieuses et courageuses. Ce n’est pas facile, je le sais. Mais quand on veut, on peut. Dans le commerce, la confiance et la crédibilité sont majeures. Il faut aussi respecter les engagements et épargner autant que possible.

Votre mot de la fin ?

Madina Thiam a initié ce Magazine, elle est ma fille pour avoir étudié avec sa mère. Je pense que le chemin qu’elle a pris est le meilleur. Je l’encourage et la félicite. C’est un héritage. Nous sommes des fondatrices et nous ne voulons pas voir mourir nos initiatives. Si sa mère a été une journaliste combattante, qui a parcouru l’Afrique et le monde, elle est venue assurer la relève. C’est ce qui m’a donné le courage de m’exprimer dans ce magazine. Je voudrais qu’elle prenne la place de sa mère. Surtout que dans l’éditorial de son premier numéro, elle écrit : « Une année finit, une année commence ». A son tour, elle écrit : « une ère finit, une ère commence ». Je l’encourage et la félicite une dernière fois.

 

Abdoulaye bah

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