Femmes d’Exception: Dr. Edwige Adekambi Domingo, la Guinée ne t’oubliera jamais.

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Jusque-là représentante du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) en Guinée, Dr Edwige Adekambi Domingo quitte Conakry pour le pays des hommes intègres pour une fois de plus représenter la même institution. En trois années, elle s’est intégrée dans toutes les communautés du pays. Elle a des homonymes partout sur le territoire national. Cette dame calme et très discrète a marqué tous ceux qui l’ont connue. Médecin épidémiologiste de formation, elle a sillonné toute la Guinée à la rencontre des femmes et des jeunes. Sous sa direction l’UNFPA a fait beaucoup de chose pour les Guinéens. Elle s’est joint à la décision du Président Alpha Condé de faire des soins de santé maternelle, notamment l’accouchement, la consultation prénatale et la césarienne, des soins gratuits. Pour elle, aucune femme ne doit perdre la vie en donnant la vie.

La santé de la reproduction

L’UNFPA a doté toutes les maternités de kits d’accouchement et de césarienne. En effet, Dr Adekambi Domingo  a  doté toutes les 33 préfectures y compris les cinq communes de la ville Conakry en équipement médicaux, produits qui sauvent la vie et la  logistique notamment les ambulances, les véhicules et les motos de supervision.  En Guinée  elle s’est investi pour que  chaque grossesse soit désirée, chaque accouchement sans danger et le potentiel des jeunes soit accompli. . C’est dans ce cadre que son institution a accompagné l’initiative du ministère de la Santé en déployant en fin 2014, 50 sages-femmes et 50 Agents Techniques de Santé (ATS) en appui a la relance des services de santé de la reproduction au niveau des centres de santé ruraux pour améliorer l’accès des services aux femmes enceintes en situation de crise Ebola. Ces sages-femmes et ATS ont été formés en gestion de l’infection en milieu hospitalier, en  prévention sur le virus Ebola et en soins obstétricaux et néonataux d’urgence.  renforcement actuellement les équipes existantes. Près de 100 000 kits individuels ont été fournis aux familles pour faciliter les accouchements individuels.

L’UNFPA n’oublie pas les jeunes

L’UNFPA  soutient les jeunes pour les  préserver des grosses précoces et des maladies sexuellement transmissibles. « Une adolescente qui tombe enceinte voit son avenir hypothéqué. Elle perd sa scolarité si elle est en train d’aller à l’école. La deuxième concerne le VIH/SIDA. Un jeune qui s’infecte du VIH/SIDA voit son avenir hypothéqué. Nous œuvrons pour donner des capacités aux jeunes garçons et filles pour se prémunir contre ces deux fléaux notamment la grossesse  précoce et le VIH/SIDA », rappelle-t-elle. « Elle est mariée à 15 ans : à 16 ans elle a un enfant ; à 18 ans, elle un enfant ; à 20 ans, elle a un enfant ; à 22 ans, elle a un enfant ; à 24 ans, elle a un enfant ; à 26 ans elle a un enfant, elle est encore jeune ».

L’autonomisation des femmes

En Guinée, si on observe les inégalités du genre penchent du côté de la femme. Elle est la moins scolarisée, moins présente dans les instances de décision, elle ne  jouit pas de beaucoup de droits. Pourtant, c’est elle qui œuvre chaque jour pour le bien-être de la famille. C’est pourquoi l’UNFPA mène un combat farouche contre les violences basées sur le genre. Parmi ces violences, il faut noter les mutilations génitales féminines. Dr. Edwige Adékambi Domingo estime qu’il faut des activités génératrices de revues pour permettre aux filles issues de milieux défavorisés et analphabètes d’être autonomes. Elle s’est battue pour l’instauration d’un cadre institutionnel législatif et légal favorable à la promotion de la femme. « Il est démontré que lorsque la femme a les capacités, lorsqu’elle a les moyens financiers, c’est l’homme qui bénéficie le premier. Parce qu’elle lui réduit la tâche, elle s’occupe de lui, elle s’occupe des enfants et de toute la famille», soutient Dr. Domingo.

Des données statistiques actualisées et disponibles

S’il y a un domaine dans lequel la représentante de l’UNFPA et son équipe ont beaucoup fait pour la Guinée, c’est  l’appui soutenu de la réalisation du troisième recensement Général de la Population et de l’Habitation. Jusqu’en juin 2014, on utilisait des données statistiques qui datait  des années 90. « Sans données, on ne peut pas planifier. En Guinée et dans tous les pays, la référence en termes de données, c’est le recensement général de la population et de l’habitation. Depuis 1996, il n’y a pas eu de recensement Général de la population et de l’Habitat en Guinée. Ce processus a démarré en 2006, mais malheureusement le contexte social et politique de la Guinée n’a pas permis de le  poursuivre.. En 2010, il y a eu la cartographie qui a été réalisée et puis « On a attendu que ces élections passent avant de conduire le dénombrement.. Ce dénombrement a pu se tenir en février-mars-avril 2014 avec le ministère du Plan. Il a permis de donner des résultats provisoires du recensement.

Pourquoi UNFPA intègre la dimension de dividende démographique dans son appui au programme de développement de la Guinée?

Dr. Edwige Adekambi Domingo affirme que le dividende démographique est un concept économique et démographique. Il concerne le résultat de l’évolution de la pyramide des âges de la population d’un pays. « Si vous prenez la Guinée, la pyramide des âges est large en bas, il y a beaucoup de jeunes. Ces jeunes sont des potentiels de développement pour le pays. Si on arrive à investir sur ces jeunes, ce sont eux qui vont constituer le dividende démographique demain ». Pour observer ce dividende démographique, dit-elle, il faut qu’on baisse le taux de la natalité. « Si chaque femme continue de faire 5,1 enfants comme en Guinée, si la femme a les moyens de prendre en charge ses enfants, les mettre à l’école pour qu’ils deviennent des acteurs de développement, c’est un grand bonus. Pour que la Guinée accède au dividende démographique, il y a plusieurs leviers qui doivent être actionnés. Il y a le levier planification familiale. Le deuxième levier, c’est la scolarisation et le maintien des enfants à l’école. Le troisième levier sur lequel il faudrait agir par rapport au dividende démographique, c’est la création de l’emploi. Le quatrième levier concerne la lutte contre les mariages précoces. Déjà les statistiques indiquent que trois filles sur cinq sont mariées avant l’âge de 18 ans en Guinée. La moyenne se situe entre 14 et 15 ans. Le dernier levier, c’est la gouvernance. Si tout cela existe et qu’il n’y a pas une gouvernance économique qui permet de garantir, de faire en sorte que les revenus générés par le pays sont bien gérés, on ne peut pas avoir un dividende démographique.

La lutte contre Ebola

Dr. Edwige Adekambi Dmoningo à travers l’UNFPA s’est investi très tôt parce qu’elle savait que les femmes allaient payer un lourd tribut dans cette épidémie compte tenu de leur rôle dans la société notamment, en tant que mère, dispensatrice de premier secours aux malades de la famille . Elle a appuyé la mobilisation sociale et communautaire des femmes leaders a tous les niveaux. Celle-ci sont déployées partout afin de mobiliser et sensibiliser les femmes dans  les marchés, dans les débarcadères, dans les foyers, les mosquées, les abattoirs. La sensibilisation était couplée a la  distribution  des kits d’hygiène pour prévenir la maladie a virus Ebola dans ces différents milieux.  . Les premiers lits du centre de Donka, les premiers solutés et les gants pour la prise en charge des malades, c’est l’UNFPA qui les a fournis. Il en a fait de même à Macenta, Guéckédou, N’Zérékoré. Dans le domaine de la logistique, des ambulances et des véhicules ont été offerts avec les ressources régulières de l’UNFPA. « Etant donné le virus Ebola met en cause nos habitudes et mœurs et interroge nos traditions, l’UNFPA a tout de suite intégrée la dimension culturelle et traditionnel dans ces stratégies d’intervention communautaire de riposte contre Ebola. en effet, nous avons travaillé avec les communicateurs traditionnels et le réseau des personnes guéries pour qu’ils puissent transcrire les messages de sensibilisation dans différentes langues avec les mots appropriés. L’UNFPA appuie les  Comités villageois de veille sanitaire  (CVVS) (dans la région forestière, Kankan et Labé. Nous avons investi déjà plus de 2000 vélos dans le cadre du suivi des contacts et près de 2000 motos. Il y a trois millions de dollars qui ont été investis directement dans Ebola par l’UNFPA». Dans la gestion post-Ebola, la représentante de l’UNFPA pense que la Guinée doit intégrer la résilience dans son plan de relèvement. « C’est important d’intégrer la résilience parce que c’est elle qui va être le moteur qui nous permettra de nous adapter et de ne plus tomber dans les mêmes problèmes lorsqu’on aura une nouvelle infection ou une épidémie de type ou d’autres problèmes, donc ce qui nous permettra de nous remettre sur les deux pieds rapidement ».

Ce que Dr. Adekambi retient des  Guinéennes et des Guinéens

Les femmes guinéennes ont marqué Dr. Edwige Adekambi Domingo, tout comme les jeunes d’ailleurs. « J’ai rencontré à travers mes missions dans les 33 préfectures de la guinée beaucoup visages de  jeunes qui veulent voir les choses changer de manière constructive. Cette jeunesse a besoin d’être accompagné. Les jeunes au lieu d’être utilisés dans la perspective de leur auto-développement sont malheureusement manipulés par la   politique. En suite je voudrais rendre hommage à toutes les femmes de la Guinée qui n’ont rien, mais qui partagent.

Durant ma mission ici en Guinée, On a pu positionner la Guinée comme pays prioritaire de l’UNFPA ». c’est donc une opportunité offert a la Guinée pour mobiliser des fonds pour la mise en œuvre des projets et programmes de développement en faveur des populations guinéennes notamment des jeunes et des femmes . Dr. Edwige Adekambi Domingo, surnommée Göpou a  Lola en Guinée forestière part en laissant derrière elle beaucoup de femmes et de jeunes qui ne voulaient pas la voir quitter le pays .

Pendant les trois années de vie en Guinée elle a démontré son amour pour le pays et en échange la Guinée ne l’oubliera jamais.

Madina Men

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