Femmes d’exception: Docteur, Mariama Djéllo Barry, Médecin.

0
555

Le changement de régime intervenu dans notre pays suite à la disparition du Premier Président  de la République a fait découvrir ‘’ la belle Mariama Djéllo’’ au sein du premier gouvernement ‘’post révolution ‘’ au rang de ‘’ Ministre des Affaire Sociales, de la Promotion  Féminine & de l’Enfance. La, l’épouse de feu Mamadou Bhoye  Barry qui fut lui-même Ministre de la Pêche ensuite il a eu à gérer le Ministère de l’Industrie et des P.M.E. va s’imposer discrètement et efficacement à la tête d’un département pas souvent facile à gérer. La courtoisie, la compétence professionnelle et intellectuelle badigeonneront prodigieusement le chemin de la ‘’fille du Timbo’’.

Après le gouvernement, Hadja Djéllo va animer successivement, la cellule nationale du lutte contre les mutilations génitales féminines et le Comité National de Lutte contre le Sida C.N.L.S. L’on comprendra aisément  le combat constant de cette femme qui n’a jamais cherché qu’à redresser  »les situations tordues ; ‘’même perdues.

Docteur, Mariama Djéllo Barry un nom qui est devenu célèbre au plus fort de la lutte contre le  VIH-sida déclenchée en Guinée tant par l’Onu-Sida que par le gouvernement Guinéen qui avait été alerté très tôt de la réalité de cette pandémie en cette fin du 20ème siècle.

Docteur, Mariama Djéllo Barry  est née à Kégnéko (Mamou) d’un père chef de canton. Elle a grandi entre Mamou et Dabola où résidait sa famille maternelle.

En 1956 elle commence à fréquenter l’école française. Issue d’une fratrie de neuf enfants, elle deviendra  par la force des choses  une étoile montante à la suite de la disparition de tous les garçons de sa mère. Celle-ci lui intima le devoir de remplacer ses frères disparus.

Elle obéira fidèlement aux vœux de ses parents pour qui tout le monde doit vivre à la sueur de son front.

Le leader d’un parti politique de l’époque  en l’occurrence son oncle maternel, Barry Diawadou est entre temps venu la prendre de Kégnéko pour l’amener à Dabola où elle poursuivra le cursus normal de ses études.

Dabola ne sera qu’une étape pour cette grande dame qui fut l’une des plus belles filles de la Guinée. Dommage qu’elle ne s’est jamais présentée dans un concours de beauté !

Son destin s’est joué en fait sur un quiproquo ; comme on le dit : ’’A quelque chose malheur est bon ‘’!

Docteur Mariama Djéllo Barry était asthmatique, et son orientation scolaire l’a tout naturellement amenée vers l’Ecole Nationale de la Santé dans la section ‘’sage-femme’’ dans un premier temps. Mais le professeur principal de l’école avait remarqué certaines qualités en elle, il lui conseilla de ne pas s’arrêter en chemin,‘’ il faut poursuivre tes études’’, lui dira plus tard le professeur Bah Mamadou Kaba. ‘’En 1968, je fus affectée auprès du docteur Najib Roger Accar pour une durée de 3 mois, sanctionnée par une recommandation de  continuer mes études ! A l’époque, les  sujets, les plus méritants des étudiants bénéficiaient systématiquement de bourses d’études dans les facultés étrangères.’’

‘’Je fus proposée pour une de ces bourses d’études, mais de nombreux obstacles surgirent sur mon chemin et je dus un moment la mort dans l’âme, accepter le fait accompli. Je n’étais pas encore éligible. ‘’

‘’A la suite de quoi un concours de circonstances changea le cours de mon destin. Une  amie du nom de Djéné KOMARA me releva le moral en me donnant l’occasion de corriger une injustice. Rencontrer le Président Ahmed Sékou Touré lui-même, pour lui raconter ce qui m’arrivait. Eh  oui ! ‘’ c’était ça ou rien!’’

‘’A l’issue de l’entrevue avec le Président Ahmed Sékou Touré, je suis sortie de son bureau  le cœur en fête, puisque, je venais d’être rétablie dans mes droits; je venais d’être confirmée titulaire d’une bourse de santé et d’études en Roumanie.’’

‘’En 1969 je dus suivre des cours de roumain  pour commencer les études proprement dites dans la Faculté de médecine.

Durant de longues années ma grande sensibilité à la souffrance des enfants plomba souvent ma carrière. Il m’arriva même de me faire punir…

En Europe, loin du cocon familial, études rimaient  avec boulot de vacances pour les plus entreprenants d’entre nous.

Quant à moi, je débarquais régulièrement à Munich, Bonn en Allemagne où les Guinéens étaient exempts de  visas.

Au cours de l’été 1971, pendant les vacances j’eus le bonheur et la chance d’être choisie pour ma prestance et mon physique et jouer avec Jean Paul Balmondo dans ‘’ Les Mariés de l’an 2000’’ ainsi que ‘’Les Mains propres’’ avec Serge Nicholaescu.

Evidemment cela me permit de me faire une garde-robe  d’avant–garde et de figurer au tableau du cinéma français, même si je n’en ai pas fait une  carrière d’actrice professionnelle.

Après toutes ces péripéties je suis revenue en Guinée avec le ferme espoir  de rendre par le travail, ce que ma mère et mon pays m’ont donné.

Titulaire du diplôme de Médecine je fus affectée à la maternité  de Donka. Je devais retourner sur les bancs pour parfaire des études spéciales d’échographie en 1983 et concomitamment  des études sur le planning familial et celles relatives aux maladies sexuellement transmissible à l’Institut John Hopkins de Baltimore aux USA.

En Avril  1984 à la suite de la disparition du Président A. Sékou Touré, le Colonel Lansana Conté me  choisira pour le département des Affaires Sociales.

Des œuvres comme l’actuel siège  de la Cour Suprême à Camayenne, l’ancien centre de santé de Coronthie, dans Kaloum, l’hôpital Jean-Paul 2, le village S.O.S. de Sonfonia,  des structures que je laisse à la postérité, sans parler  d’O.N.G comme l’AGBF( Association Guinéenne du Bien-Etre Familial), la C.P.T.A.F.E., Sentinelle.

Le sacerdoce de Mariama Djéllo continue puisque bien que n’étant plus aux affaires elle est toujours impliquée dans le progrès continu de la Guinée. Toujours aux premières loges dans un combat pour la protection de la femme et de l’enfant.

Tous les Guinéens se souviennent de cette dynamique femme qui négocia pied à pied avec la Banque Mondiale, le Programme de Lutte contre le Sida en 2002 et exécuta son programme entre 2002 et 2009 en proclamant cette pandémie non pas un simple problème de santé mais celui du développement, tant et si bien que pour se faire entendre elle parvint à financer entre autre  l’installation de radios communautaires dans sept préfectures de la Guinée, et mener une campagne efficace pour éradiquer ce mal  du siècle auprès de cibles vulnérables.

Toujours en fonction, Médecin au C.H.U de Donka, Membre du C.N.T (Conseil National de la Transition), Mariama Djéllo Barry est récipiendaire de nombreuses distinctions guinéennes et étrangères dont : en 2006 la distinction honorifique internationale ‘’Femme en Or’’ par la Fondation ALTADI International., en 2001, meilleure ONG du pays (C.P.T.A.F.E.) à la Nuit des Oscars et du Leadership en Guinée, en 2000 Prix de l’Excellence au Marketplace par la Banque Mondiale (C.P.T.A.F.E.), enfin elle est depuis 1996 Commandeur de l’Ordre national du Mérite de la République de Guinée. Aujourd’hui une femme comblée qui pouponne pas moins de huit petits-enfants dans un environnement familial propre et serein.

Samba TOURE

 

LAISSER UN COMMENTAIRE