Interview de Madame Kadé  Seck Directrice Générale du Musée National de Sandervalia.

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Une grande dame de la culture guinéenne, Madame Kadé  Seck Directrice Générale du Musée National de Sandervalia. Notre rédaction la rencontré pour parler  de son parcours et de sa gestion de ce patrimoine culturel.

Retracez-nous votre parcours scolaire, de comédienne, de femme et mère de famille ?

Je suis née à Mamou la belle ville carrefour des cultures. J’y ai fait mes études  primaires, j’ai commencé le secondaire à l’Ecole Normale des Jeunes Filles « ENJF » en 1961. Suite à la grève des enseignants, la décentralisation m’a ramenée à Mamou où j’ai continué le collège et fait le lycée. En 1967, j’ai été orientée à L’ENI de Macenta  d’où je suis sortie en 1970 avec la fonction de professeur chargé de cours dans les collèges.

Je suis comédienne parce que je suis de Mamou, le théâtre est l’une des activités que nous avons trouvé nos ainés en train de faire.  Et comme c’est une chose noble et passionnante, j’ai été attirée et depuis, c’est ma drogue !

Je suis mariée, mère et maman d’une grande famille!

Quelle est votre opinion, constat sur les comédiens et hommes de théâtre guinéens ?

Je suis très heureuse de constater un grand engouement des jeunes autour du théâtre.  Je salue la création de l’institut des arts de Dubréka qui nous sort des comédiens motivés et prêts à se perfectionner dans la pratique. Il faut dire qu’étant donné que le théâtre ne nourrit pas encore son homme, au pays ces jeunes ont  vraiment besoin d’un coup de pouce pour trouver la voie.

 Parlez nous un peu du Musée national : Comment va-t-il ? Quelles  sont ses activités ? Que faites vous pour le redynamiser ? Au fait c’est quoi un Musée ? Pensez vous que le Musée National  joue pleinement son rôle ? Depuis plusieurs années vous êtes à la tête de ce Musée pouvez vous nous faire un bilan ?

Hè !hè !hè !… doucement !

Bon, commençons par le commencement : Le Musée est une institution à but non lucratif chargée de la collecte, la restauration, la conservation, la promotion et la diffusion du patrimoine culturel d’un  pays.

Le Musée National de Guinée se porte bien, il  est situé  à Sandervalia dans la commune de  Kaloum.  Le  quartier porte le nom d’un explorateur Français Olivier Comte De Sanderval qui a construit la case que vous  voyez à votre droite quand vous rentrez dans le Musée. Ce site à été choisi  en 1977 au  cours d’une campagne d’assainissement de la ville de Conakry, organisée par le comité révolutionnaire des femmes  de Guinée qui, suite à la découverte de monuments de la colonisation  abandonnés ça et là à travers la ville, ont décidé de les regrouper  autour de la case en  ajoutant ceux de quelques résistants à la Pénétration  coloniale afin que les visiteurs, surtout les élèves trouvent ici, quelques séquelles de la colonisation qui,  bonnes ou mauvaises font partie de notre histoire.

Trois ans plus tard, l’infrastructure était prête  pour accueillir les pièces muséales.

Nous avons un Musée dynamique en ce sens que nous recevons tous les jours des visiteurs, organisons des ateliers de dessins, de peintures pour les élèves, et avons même une mallette Pédagogique qui sillonne les écoles et Universités… Beaucoup d’activités sont en  projet. Nous profitons de votre journal  pour solliciter les moyens qu’exige notre établissement aussi bien auprès du gouvernement que à toutes les bonnes volontés afin de nous permettre de jouer pleinement notre rôle.

Quel regard portez-vous sur la culture guinéenne ?

Je trouve qu’elle se porterait beaucoup mieux si l’Etat y mettait du sien. On ne peut développer un pays en reniant sa culture.

Parlez-nous des fonds d’appui que vous avez géré il y a longtemps, c’était quoi encore ?

Il s’agit du PSICD : Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles Décentralisées. C’était un programme très intéressant financé par le F E D  dans la cadre de la coopération avec la commission Européenne.  L’objectif global était de contribuer au renforcement du secteur culturel en Guinée et l’objectif spécifique,  celui de favoriser la professionnalisation des acteurs culturels en stimulant la multiplication des débouchés pour les projets culturels.

La convention a été signée en février 2012 et le programme est rentré dans sa phase opérationnelle par le devis programme  de  démarrage couvrant la période du 12 décembre 2002 au 12 Juin 2003.  Dans l’exécution du devis programme N° 1 allant du 12 Juillet 2003 au 11 Juillet 2004, la cellule opérationnelle a déployé plusieurs activités dans ses différents axes d’intervention.

Malheureusement, la procédure de validation du devis-programme N2 a été rattrapée par les « mesures de gel des marchés en régie des projets  FED ».  Ainsi notre projet qui avait pourtant suscité un grand engouement s’est éteint avant même de s’enflammer.

Nous avons beaucoup d’espoir qu’avec la normalisation des rapports avec L’union Européenne,  un fonds de soutien à la culture pourrait être envisagé, pourquoi pas ?

Votre message 

 Au seuil du nouvel an, je souhaite la paix dans notre pays. Je souhaite que le gouvernement et les bailleurs apportent de l’aide à la culture. Peut être pas encore une priorité, mais en tout cas qu’ils reconnaissent que c’est un secteur dont le développement est  incontournable pour la sauvegarde de notre identité. Bonne et heureuse année concorde et entre-aide à tous les guinéens.

Interview réalisée par Oumel Bah

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