Portrait de Mamadouba Sankhon, le défi du changement.

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L’on dit souvent qu’il faut mettre l’homme à la place qu’il faut. Pour obéir à cette règle, on peut dire que pour des secteurs stratégiques, il faut des hommes stratèges. Mamadouba Sakhon en est un des stratèges qu’il fallait au port de Conakry. Un homme très discret,c’est son principal trait de caractère ; dynamique et rigoureux. Un esprit d’initiateur qui d’ailleurs manque à la plupart des cadres guinéens. Depuis belle lurette, il fallait un cadre de sa carrure  au Port autonome de Conakry. Par sa rigueur, sa vision, le port a changé de capacité, de rentabilité. Venu au moment où l’un des poumons de l’économie guinéenne était en train de vaciller, M. Sankhon s’est fixé pour objectif de moderniser le port pour qu’il soit aussi compétitif que les autres ports de la sous-région.La modernisation du port aura donc été sa première préoccupation à sa prise des fonctions, estimant qu’elle étaitt plus urgente et fondamentale pour l’ensemble de l’économie guinéenne.  Vieux de cinquante ans, le Port de Conakry ne pouvait pas faire face aux besoins de plus en plus grands des hommes d’affaires et des sociétés minières. Il a convaincu le chef de l’Etat de changer de concessionnaire pour  le rendre plus compétitif, puisque l’ancien (Getma, Ndlr) refusait d’honorer ses engagements contractuels. Ce qui a motivé la venue du groupe Bolloré pour combler les ambitions de M. Sankhon. Aujourd’hui son rêve est devenu une réalité. Si les usagers sont satisfaits, c’est grâce au directeur général du port. L’Etat engrange des recettes qu’on ne pouvait escompter il y a quelques années. Les solutions temporaires ne sont plus de mises au PAC. Il veut ouvrir le port à l’inter land afin que la Guinée soit effectivement le port naturel, pas seulement du Mali, mais aussi des pays du Sahel. La vision de faire de Conakry une destination prioritaire dans le trafic international est possible avec une large ouverture sur la côte ouest africaine et la possibilité d’avoir un port en eau profonde à moins de 100 Km de la capitale à Benty dans Forécariah. M. Sankhon compte résoudre avec son équipe ce problème définitivement pour se mettre à l’abri des ports concurrents comme Dakar, Abidjan, Lomé etc, en respectant toutes les normes internationales. Elle permettra à la Guinée de recevoir plus de bateaux, donc plus de devise pour l’Etat et plus d’emplois pour les jeunes. Le tirant d’eau de 9,5 m qui empêchait les grands navires d’accoster est passé à 13,5 m sur une distance d’environ 150 m. Soit l’équivalent du port de San Pedro (Côte d’Ivoire). Faire passer son trafic global de 7 millions de tonnes de marchandises à plus de dix millions. La surface du terminal à conteneurs est passée de 8 ha à 12,5 ha. L’un des objectifs de Mamadouba Sankhon est de faire de Conakry l’une des plateformes de transbordement pour les pays voisins que sont le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée-Bissau et la Gambie. Ce qui fait que Sankhon et ses partenaires innovent dans les procédures et dans la logistique pour que les travailleurs portuaires se mobilisent de plus en plus dans l’esprit du changement en Guinée et surtout au PAC. Des actions qui ont fait taire à Conakry les rumeurs d’une hypothétique privatisation du port.