Jean- Baptiste Williams, Un géant de la culture guinéenne.

0
362

Magazine Madina Men,a rencontré le Directeur National des Arts au Ministère de la Culture, des Arts et du patrimoine historique et Directeur Général de la structure Select Communication M. Jean-Baptiste Williams, pour parler de son parcours, de  son combat pour l’émergence de la culture guinéenne .

 Vous n’êtes plus à présenter M. Williams, juste quelques petites précisions. Qui êtes vous ?

Je suis né le samedi 14 août  1954 dans le cercle de Mamou, sous la Guinée Française, de Salomon Williams et de Hadja Coumba Diagne. J’ai fait la maternelle à Saint- Joseph de Cluny Conakry (1958-1960), j’ai commencé la 1ère année à Dalaba et la suite à l’école primaire de Coléah III Saint-Michel (1961-1966), le Collège Cours de Coleah (1966-1970), le Lycée Donka  ‘’2 août’’ option Dessin Industriel (1970-1974), Enam (1974-1977), Aide Ingénieur des Mines et Géologie promotion 1977. J’ai fait une formation en production de programmes de variétés à l’Institut International de la Communication Montréal. Une formation Journaliste-recherchiste-animateur Radio Canada  International 1986. Co animation variétés musicales RTBF Bruxelles Belgique-Namur-Liège.1987. Production RFI Bordeaux-Gironde1988 et Radio Canada 1989

Parlez nous de votre histoire avec la guitare …

Avant la guitare, en (1965 -66) j’avais fait mes armes au chant avec l’orchestre du collège cours II Coléah avec Aguibou Barry (guitariste soliste), Jeannot Barry (Sax), Bozo Mario (chant), Guiguéra Séga (batterie) Lamine Doumbouya (tumba). Du chant, je me suis fabriqué des instruments de percussions avec des boites vides de conserve recouvertes de plastique ou de chambre à air, Ibrahima Bah ‘’Ibou’’, Mohamed Béavogui étaient mes accompagnateurs, ils jouaient tous deux à l’harmonica et le petit orchestre animait notre petite cour à la SIG. A la même période, j’ai l’occasion d’avoir accès pour la première fois à des instruments électriques en compagnie de mes amis Cheick Smith Chérif, Mamadi Condé ‘’Terreur’’ Sikhé et Tidiane Conté, aux domiciles des ministres Fofana Karim et Dr Conté Seydou. C’est après mon admission au collège que mon père m’offrira ma première guitare. Une seconde guitare me sera offerte  par un de nos voisins, l’ingénieur Ibrahima Diawara. En autodidacte je rejoins très tôt la famille de Sory Kandia Kouyaté qui était à deux pas de notre domicile. Kouyaté Abdoulaye, Papa, Soumano et KL sont ceux avec qui je vais commencer à toucher au manche de la guitare.  La suite me conduira à l’école de Sékou Diabaté ‘’Docteur’’ qui formait à la même période deux des enfants de feu Diané Sékou ‘’Net à sec’’ Sidiki et Mamadi. Je vais par la suite accompagner avec brio le récital du lycée Donka ‘’2 août’’ en 1970 avec René Bénis et Kaba Ahmed. C’est l’embryon de la troupe universitaire dirigé par Moussa Célestin Camara. Je forme un mini-orchestre des pionniers de Conakry II en 1971-1972 et nous animons une seule fois au Palais du peuple dans la composition suivante. Alors, moi (chef d’orchestre-guitare solo), Youssouf Bah (chant), Pierre Koïvogui (chant), Kaba Ahmed (guitare medium), René Bénis, François Koïvogui (guitare basse), Sidiki Kouyaté (batterie), Yaya Doumbouya (tumba), Cheick Diawo (maracas).

 La genèse de l’orchestre Camayenne-Sofa , ses membres fondateurs ?

Je suis l’un des trois membres fondateurs du ‘’Sextet Camayenne’’, orchestre galaxie de la capitale, créé le 11 mai 1973. En effet, Papa Kouyaté que je salue ici, est l’initiateur qui va rencontrer Justin Morel Junior et moi-même pour nous faire la proposition de former un groupe et aussitôt  enregistrer un poème à la mémoire du regretté Aboubacar Demba Camara, chanteur emblématique du Bembeya Jazz National. Après quelques séances de répétitions au jardin de Guinée, nous prenons le chemin des studios de ‘’La voix de la Révolution’’ pour le 1er enregistrement. La prise de son est alors assurée par  l’ingénieur  Moussa Konaté ‘’Moïse’’.Les six titres enregistrés sont : Demba ,Bara, Soleil d’Afrique, Kanimba, Mikédié, Wanidé. Papa Kouyaté (chef d’orchestre-batterie), moi (tumba-chant), Justin Morel Junior (animateur-impresario), Ange Miguel (chant), Mamadouba Camara ‘’MC’’ (guitare solo), Salia Camara (guitare medium), Bossely Keïta (guitare basse). Les trois derniers noms de la liste étant les guitaristes du Kaloum Star, seront sommés par les responsables du bureau fédéral de Conakry I de  nous quitter, sans aucune forme de procès. Sans désemparer, Papa Kouyaté va m’intimer à inviter mes amis pour la suite de l’aventure. C’est ainsi que Dr Moussa Keïta ‘’5 tonnes’’ va me présenter à Mamadi ‘’Cala‘’ Camara fraichement revenu à Conakry, après son brillant passage au Niandan jazz de Kissidougou et en compagnie de Djiba Kantara (guitare medium), moi (guitare solo), Kèmo Kouyaté (kora-chant), Papa KEITA (tumba), Papa Kouyaté (batterie), Ange Miguel (chant), François Koïvogui (guitare basse), nous allons reprendre les répétitions chez Tabassy Baro à la SIG, avant de rentrer à nouveau au studio en décembre 1973 pour enregistrer ‘’Super Konyokoura’’ version acoustique. Et voilà que  l’orchestre ‘’Sextet Camayenne’’ va donner un nouveau souffle à la musique Guinéenne. Arrivent vers fin décembre 1973, Youssouf Bah (chant), Riad Challoub (harmonica-chant), Kaba Ahmed, Pierre Koïvogui (guitare medium), Karamo Touré (tumba), François Béavogui (orgue) Mamadi Diané (régisseur), Lamine Sylla ‘’London’’ (technicien). C’est cet ensemble qui entre en scène face au public pour la toute première fois, le 24 janvier 1974, de 21 heures à l’aube à la permanence du (PRL) Mangué Gadiri (coléah) sur invitation du secrétaire général du comité (JRDA), le camarade Abdoulaye Bernard Keïta. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maitre. Depuis le succès du ‘’Sextet Camayenne’’ devenu plus tard Camayenne-Sofa va crescendo. Sur décision du (Responsable Suprême  de la Révolution) le Camarade Ahmed Sékou Touré, l’orchestre est mis à la disposition de la fédération de Conakry II pour servir en qualité de 2eme orchestre fédéral.Zézé Guilavogui, le ‘’virevoltant’’ chanteur animateur va nous rejoindre en 1975, tout comme Lamine Doumbouya ‘’Castro’’.

Et le Djembé d’Or ?

Depuis son  lancement le 4 juin 2000. Il m’avait couté 6.000.000 GNF entièrement financés par GEDIS International de Mr Senkon N’DIAYE que je salue et remercie. Je lui serais éternellement reconnaissant. Mon équipe et moi nous avançons, tous les ans nous faisons l’état des lieux au cours d’une conférence  de presse où tout est déballé. Depuis, 11 éditions se sont déroulées sans fausse note, j’espère. Les 6 et 8 novembre 2013, à l’occasion de la 12ème édition du ‘’Gala de la Culture de l’Excellence’’, le ‘’DJEMBE D’OR’’ a rendu un hommage mérité au dragon de la chanson Africaine Demba Camara, 40 ans après. La réalisation pour la première fois en Guinée d’un buste sculpté de Demba grâce au généreux donateur M. Antonio Souaré et l’ouverture officielle de cet grand événement par la plus haute autorité du pays en l’occurrence Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha Condé a été saluée par le monde de la culture et nous a réconforté à plus d’un titre.

Quelles sont vos perspectives aujourd’hui ?

Un ouvrage ‘’Les Merveilles du passé, l’histoire de la musique guinéenne 1932-2012’’. C’est un Flash sur 82 ans de musique guinéenne, conté par les acteurs et témoins que j’ai rencontré au cours de ma carrière de journaliste culturel. C’est le résultat d’une trentaine d’années de recherches. A ce niveau aussi, j’ai besoin d’être accompagné. Les manuscrits sont prêts. .

Que reprochez-vous à la politique culturelle actuelle du pays, par rapport à celle de la 1ère République ?

Une volonté politique qui tarde à s’afficher. La politique culturelle a subi un toilettage, donc elle est actualisée. Mais vous savez que nous avons la palme d’or d’élaborer les meilleurs textes. Après adoption, direction les tiroirs. La 1ère République avait l’avantage d’avoir au sein de son premier gouvernement des ministres qui avaient foi en notre culture et ils savaient que le vrai progrès, c’est une tradition qui se prolonge.

Entretien réalisé par Ahmed Tidiane Diallo

 

LAISSER UN COMMENTAIRE