NTIC: Où en est on en Guinée?

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La vie moderne est impensable sans les NTIC, Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Pour être en phase avec le reste du monde et permettre aux habitants du pays de vivre cette réalité, bref, pour ne pas continuer à rester à la marge, la Guinée a enfin opté pour la connexion au câble sous-marin. Le processus a commencé il y a quelques années.

Le câble sous-marin ou fibre optique a atterri en Guinée en fin d’année 2012, avec la bénédiction de la Banque mondiale qui a accepté de financer la plus grande partie du projet pour que la Guinée soit enfin connectée au reste du monde. Long de 17 000 km et avec une capacité de 5.12 térabits, le câble sous-marin va de la France à Sao Tomé et prend la dénomination ACE, Africa coast to Europe. En mars 2013, le gouvernement de la République avait confié l’exploitation de la fibre optique à une société nationale dénommé la Guinéenne de la large bande GUILAB, faite d’un consortium de 12 actionnaires dont l’Etat. Mais l’autorisation provisoire qui est accordée à cette occasion sera de courte durée. Elle sera retirée juste après l’acheminement du câble des côtes guinéennes à son lieu d’atterrissement à Kipé.

En décembre 2014, le gouvernement guinéen a lancé le mégaprojet de Réseau Dorsale Nationale à Fibre Optique de Guinée (Backbone National) sur une distance de 4.000 km, qui doit désenclaver l’ensemble des préfectures du pays en les connectant au réseau internet haut débit. Pour un coût estimé à 238 millions de dollars. Ce mégaprojet, on ne peut plus moderne, a été confié au consortium chinois Huawei, qui, dit-on, n’est pas dans ses débuts dans la fourniture de services et d’équipements technologiques. Cette entreprise devait concrétiser le projet en joint-venture avec le gouvernement guinéen. Exim Bank China cofinançait le projet (214 millions de dollars) et l’Etat guinéen (24 millions de dollars), soit respectivement 90% et 10% du budget global.

Les travaux du projet qui a été lancé par le Premier Ministre avaient pour objectif de mettre en place les infrastructures de la fibre optique et un centre de traitement et de captage de données numériques et technologiques. Et ainsi permettre de doter le pays de systèmes performants et rapides d’accès aux services des télécommunications avec des coûts bas. Les bénéficiaires du projet seront non seulement les secteurs d’activités dans leur diversité, mais aussi l’ensemble des foyers des Guinéens.

La connexion de la Guinée au câble sous-marin de la fibre optique Africa Coast to Europe (ACE) a sans doute impacté la vie des Guinéens. Les avantages de la connexion de la Guinée à ce câble est vu sur deux angles : d’abord, elle offre une grande capacité des circuits internationaux et de la large bande, donne la possibilité d’acquisition des circuits issus des dernières innovations technologiques pouvant offrir n’importe quel service de voix, internet et des données haut débit, vidéo… Elle réduit également les coûts exorbitants, sécurise les infrastructures de télécommunication, favorise l’accès universel à l’internet pour tous et donc réduit la fracture numérique, contribue à réduire la pauvreté et développe la télémédecine.

Il faut reconnaître qu’avant cette ouverture du pays sur le monde de la nouvelle technologie, l’Internet était une denrée difficile d’accès pour les citoyens Guinéens. Non seulement le coût était insupportable, mais aussi le débit était le plus faible de la sous-région. Les cybers-café faisaient florès dans la capitale guinéenne, mais leur accès n’était pas donné au Guinéen moyen qui devait choisir entre se nourrir et surfer sur le net. Aujourd’hui, même si le prix de la connexion reste encore cher pour certains, l’internet mobile a explosé, permettant au plus grand nombre d’accéder à l’internet à travers son téléphones à un coût relativement faible.

Est-ce que la fibre optique a répondu à toutes les attentes, quand on sait que jusqu’ici le coût d’accès à l’internet reste élevé et le débit aléatoire aussi bien à Conakry que dans les villes de l’intérieur ? Que font les autorités compétentes pour que la 3G+ soit une réalité en Guinée, au moment où certains pays africains sont à la 4G ? Ces différentes questions ainsi que d’autres trouveront leurs réponses dans le prochain magazine, avec l’entretien que nous a promis Monsieur Oyé Guilavogui, Ministre d’Etat chargé des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’Information.

MM

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