Cardinal Robert  Sarah, émérite et citoyen.

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Cardinal Robert Sarah, president of the Pontifical Council Cor Unum, gives the homily during a Mass in Port-au-Prince marking the one-year anniversary of the Jan. 12, 2010, earthquake that devastated Haiti. Held in the shadows of the ruins of the Cathedral of Our Lady of the Assumption, the gathering was one of many special observances held throughout the Caribbean nation. (CNS photo/Paul Jeffrey) (Jan. 12, 2011) See stories slugged HAITI- Jan. 12, 2011.

Il a été choisi par le pape François  comme Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et les disciplines du sacrement  depuis un an.

Lui, c’est Robert SARAH un Guinéen bon teint qui a eu très tôt  une vocation sacerdotale au sein de l’Eglise romaine.

Robert SARAH est né le 15 Juin 1945 à Ourouss dans le nord de la Guinée. Ordonné prêtre en 1969 par Mgr Raymond Marie Tchidimbo. Le pape Jean-Paul II nommera dix ans après Robert SARAH Archevêque de Conakry à 34 ans, ce qui fit de lui le plus jeune archevêque sur le plan planétaire. Entre temps il étudie la théologie à Rome et l’Ecriture  Sainte à Jérusalem.

C’est en 2001, que Robert  Sarah quitte la Guinée pour Rome, appelé par le Pape J.P.II pour être la 2èmepersonnalité de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples  et Président  du Conseil  pontifical  Cor unum charge  des activités caritatives de l’Eglise en 2010.

Le titre de Cardinal lui a été octroyé par S.S. le pape  Benoit XVI le 20 Novembre 2010.

Après le  Béninois Bernardin Gantin et le Nigérian Francis Arinzé, Robert SARAH est le troisième africain à prendre un titre d’une Congrégation vaticane.

Il est également membre  de la Congrégation de la cause des saints.

Issu du peuple dans le vrai  sens du  terme, Robert Sarah est réputé être un ‘’homme  de vérité’’  et de conviction, défenseur  de la liberté et de la dignité de la personne humaine ; un pasteur  courageux qui n’a pas hésité à tenir tête aux prédateurs de la Liberté en Guinée.

De son sacerdoce, l’enfant de Koundara a eu à ordonner  huit prêtres et dix diacres dans la  communauté  Saint Martin de Blois au centre de la France en 2011. Il avait alors prononcé une homélie très remarquée sur le sacerdoce. Il disait entre autre que le prêtre doit être exclusivement homme de Dieu, un saint ou un homme qui aspire  à la sainteté, quotidiennement adonné à la prière, à l’action de grâce, à la louange et renoncer à briller dans des domaines où les autres chrétiens n’ont nul besoin de Lui » .

Un cardinal  vigilant

Bien qu’il soit installé à Rome depuis 2001, Mgr Robert Sarah garde un oeil attentif sur son pays. Et n’hésite jamais à en interpeller les dirigeants.

Pour les catholiques guinéens, Mgr Robert Sarah, bientôt  70 ans, est la preuve que rien n’est impossible à Dieu. Et qui s’est déjà rendu à Ourouss prend conscience du miracle que constitue le parcours de l’enfant de ce petit village, « créé » cardinal en 2010 par le pape Benoît XVI, puis Préfet du Conseil Pontifical Cor Unum, le « ministère de la coopération et de la charité » du Vatican, avant, lundi 24 novembre, d’être nommé préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, un dicastère qui est l’équivalent du très sensible ministère de la liturgie.

L’appel du sacerdoce, il l’a entendu dès l’âge de 12 ans, au contact des missionnaires spiritains.

Quand  Sarah devient évêque en 1969, ils ne sont que neuf prêtres catholiques guinéens sur le territoire national, en pleine ‘’révolution’’ du P.D.G.

Lorsque le Vatican désigne Robert Sarah pour succéder à Mgr Raymond Marie Tchidimbo, en 1979, le prêtre, alors âgé de 34 ans, devient le plus jeune prélat au monde. À peine ordonné archevêque, Sarah dit ses quatre vérités à Sékou Touré, fustigeant la répression de toute tentative d’opposition – réelle ou supposée -, évoquant dans ses prêches un « pouvoir qui use les hommes ».

Après la mort de Sékou Touré, en 1984, il poursuit sur le même ton avec Lansana Conté, le nouveau président. « Je suis inquiet : la société guinéenne se construit sur l’écrasement des petits par les puissants, sur le mépris du pauvre et du faible », s’indigne-t-il en 2001, lors de son départ pour Rome. Il y devient le numéro deux de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, chargée, entre autres, de la nomination des évêques en Afrique.

Bien qu’éloigné de son pays, Sarah reste vigilant à l’égard du pouvoir politique de Conakry. « Il a toujours « mal à la Guinée ». Il est touché par la violence et les événements politiques, mais aussi par les divisions qui y affectent l’Église catholique », confie Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême et académicien français, ami de Sarah depuis 2001.

L’étouffement de la démocratie et des libertés

Une vigilance qui ne se relâche pas avec l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé, avec lequel il a pourtant une relation suivie. Sous le régime de Lansana Conté, Sarah avait publiquement plaidé pour sa libération et il l’avait régulièrement rencontré lors de son exil parisien.

Après l’élection du président, en 2010, le cardinal lui confie une sorte de feuille de route. Revenant sur l’histoire douloureuse du pays, Sarah y appelle ses compatriotes à un sursaut moral : « La marche de notre peuple pour changer le cours de son histoire et atteindre les rives de la prospérité a été principalement entravée par l’étouffement de la démocratie et des libertés. Afin de construire notre économie, il faudra engager une lutte sans merci contre la corruption, qui a atteint des proportions insupportables, même dans les milieux insoupçonnables des hauts dirigeants, des cadres civils et des militaires », dénonce-t-il. Et de préciser : « Cette lutte contre la corruption ne doit pas être le combat du seul président de la République, mais celui de tous les Guinéens, si nous voulons une Guinée meilleure et prospère. »

Cardinals greets cardinal-deisgnate (from rigth) Mons. Walter Brandmuller, Mons. Robert Sarah, Mons Mauro Piacenza and Mons. Elio Sgreggia during the opening ceremony of the concistory with a prayer’s meeting at the Sinodo Hall. Vatican City, November 19, 2010.

Au Vatican…

LE TOUR DU MONDE DES PAPABILI – Le Cardinal de Guinée fût un des sérieux prétendants au Trône de Saint Pierre.

Comment imaginer que cette terre rouge, étouffée de chaleur, que seule l’ombre des manguiers rafraîchit, puisse donner un chef aux catholiques du monde entier ? Le hangar qui sert d’église et la grande croix blanche plantée au centre d’un village de cases en terre coiffées de paille semblent avoir été abandonnés dans les années 1950 par l’équipe d’une production hollywoodienne. Et pourtant celui qui aurait pu succéder à Benoît XVI est né là, à Ourouss, dans ce pays perdu du nord de la Guinée, entre forêt et savane, à neuf heures de route de la capitale, Conakry, dont cinq heures de piste. À 69 ans, Robert Sarah, créé cardinal en 2010, fait partie de cette poignée d’Africains qui aurait pu inscrire leur nom dans l’histoire en devenant le premier pape noir.

Robert Sarah est né à Ourouss le 15 juin 1945, dans une famille coniagui.

À la mort de Sékou Touré, il découvrira qu’il était sur la « liste noire » du président qui avait prévu son arrestation, mais n’avait pas eu le temps de la faire exécuter.

Au président Lansana Conté, qui lui avait pourtant organisé un somptueux banquet en 2001 à l’occasion de son départ pour Rome, il servira un remerciement empli de reproches : « Je m’en vais, mais je suis inquiet car mon pays va mal… de plus en plus mal. » Lorsque « son ami » Alpha Condé, l’actuel président du pays, est arrivé au pouvoir, il lui a remis une « feuille de route ». Les deux hommes sont liés par une solide amitié.

Lorsque Condé purgeait une peine de prison dans les geôles guinéennes, Sarah le visitait souvent et il est publiquement intervenu pour qu’il soit libéré. « Il ne fait que de la politique », a-t-il plaidé auprès de Lansana Conté. Quand Alpha Condé vivait en exil en France, il passait fréquemment dans son appartement parisien de la place d’Italie et lui prodiguait des conseils. « Les armes de Dieu ne sont pas celles des hommes », lui répétait-il.