SOMPTUEUX BALLETS AFRICAINS DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE

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Depuis plus de quarante ans qu’ils parcourent la planète en véritables ambassadeurs de la culture africaine, les ‘’Ballets africains de la République de Guinée’’ sont devenus, à juste titre, la plus célèbre compagnie  de danse  du Continent. Leur répertoire est aussi riche et varié que le prodigieux  héritage culturel  africain qu’ils représentent.

Chaque nouvelle création est présentée dans des tournées pouvant durer jusqu’à deux ans avec des centaines de représentations à travers le monde, leur politique culturelle est de donner aux thèmes des spectacles une dimension universelle.

Ainsi durant des  années, ’MALI-SADIO’’ traitait de la fidélité et de la confiance et « LA CLOCHE DU HAMANA’’, de la protection de l’environnement, tandis que la dernière création, ‘’SILO’’, explique  le chemin de la vie, et démontrait l’importance de l’éducation pour que les jeunes d’aujourd’hui assurent leurs responsabilités de demain.

Aujourd’hui plus qu’hier les responsables des BALLETS AFRICAINS DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE sont restés attachés aux traditions ancestrales. C’est ainsi que la dernière création a traité des aspirations et des réalisations transmises d’une génération à l’autre. ’HÉRITAGE ‘’nous présente la légende contant l’histoire du BALAFON ET DU TAMBOUR deux instruments qui  jouent un rôle majeur dans l’histoire des civilisations africaines, en  tant qu’outils de communication et de guérison.

Située au 12ème siècle, l’histoire raconte  la fameuse légende de Balla Fassaké Kouyaté, illustre griot et encyclopédie vivante à la Cour de Niani dans l’Empire mandingue, Balla Fassaké a réussi à s’introduire dans la cour de Soumahoro Kanté le redoutable roi guerrier des Sossos en accompagnant la princesse mandingue Nana Triban, que le Roi a  donné en mariage à Soumahoro  Kanté pour consolider  les liens amicaux entre les royaumes  sosso et mandingue. Balla Fassaké a l’importante mission de profiter du mariage pour essayer de découvrir les secrets  de la puissance de Soumahoro Kanté qui menace d’attaquer et d’occuper Niani la capitale du Mandé.

Balla Fassaké sait que ce secret est caché dans une case mystérieuse où le roi sorcier garde ses fétiches protecteurs, parmi lesquels un instrument de musique appelé balafon, qui  lui a été offert par sa sorcière de mère.

Soumahoro Kanté joue du balafon avant de partir en guerre ainsi qu’à son retour triomphal, pour amuser les esprits qui vivent dans la case et qui sont la principale force de son armée.

Une chorégraphie achevée !!

Pour parvenir  à ce degré de perfection dans la chorégraphie, à cette symbiose scénique également  à cette virtuosité époustouflante  de ces danseurs acrobates, à la grâce des danseuses mandingues, brefà ce produit achevé que sont les Ballets africains de la  République de Guinée, considérés à juste titre comme une des merveilleuses richesses nationales au même titre que l’or, le diamant ou la bauxite de Guinée, beaucoup de travail de recherche d’ingéniosité et surtout de l’endurance  ont été nécessaires aux différents responsables qui méritent de nombreuses distinctions honorifiques si ce n’est déjà fait.

‘’A sa sortie de l’école Williams Ponty, Keita Fodéba était à Dakar, et  au cours d’un séjour à Saint-Louis-du Sénégal par une belle nuit d’été en 1948 entendit des notes  d’une guitare jouant de la musique guinéenne sur le pont Faidherbe. Il fit alors connaissance d’un autre guinéen en séjour au Sénégal, Kanté Facély mécanicien de son état, originaire de Kissidougou. C’est ainsi que naquit, ce qu’il es convenu de considérer comme une des meilleures compagnies de danse à l’échelle planétaire, ‘’Les  Ballets africains de la République de Guinée’’.

Par la suite, la troupe devait recruter ainsi bien dans les milieux intellectuels, qu’artistiques de la capitale française dont des étudiants guinéens inscrits à la Sorbonne comme Ashkar Maroof, guinéen, Raphael Wilber togolais, Louis Akin ivoirien, Yacouba, Tonton  Martin mangeur de feu , des filles de la Martinique comme Alfrédine, Guy Mondor, Yolande et bien d’autres.

En tout, il y avait 18 danseurs et  danseuses, musiciens qui jouaient dans des cabarets dans Paris et en province, et quelques temps après dans les voisins, Allemagne, Belgique, suisse, Luxembourg.

Cette troupe s’appelait ‘’LES BALLETS DE KEITA FODEBA’’ et nous étions  en 1952.

En 1964 advint la création d’une nouvelle troupe qu’était le ‘’ballet Djoliba’’ et c’est en même temps que que l’acteur américain et militant des Droits civiques Harry BELAFONTE fût promu Conseiller culturel du Président Sékou TOURE.

C’est en 1975 que le Président A. Sékou TOURE signa un décret qui fonctionnarisa tous les artistes des Ballets africains de la République de Guinée.

Aujourd’hui et demain…

Les ‘’Ballets africains de la République de Guinée’’ plus de cinquante ans après leur création restent une référence culturelle de tout un continent et une fierté pour la Guinée. Mais nous constatons quant à nous que ce ‘’trésor’’ est en état de déliquescence très avancée et qu’il faut crier un ’’S.O.S.’’ afin que les vœux posthumes de tous les artistes, aujourd’hui disparus se concrétisent en offrant enfin aux Guinéens ce ‘’Théâtre National’’ dont rêvait tout éveillé mon ami et frère Italo Zambo pour que les jeunes en mal de créativité puissent enfin s’exercer sous le regard des ‘’Anciens’’.

                                      Samba TOURE  

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