Insécurité: PEUR SUR LA VILLE !

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Des avocats plaidant avec de faux documents, des intellectuels démissionnaires de leurs postes d’éveilleurs de conscience, ne parvenant plus à dissocier l’essentiel du  superfétatoire ; des familles brisées et disloquées, une jeunesse qui n’arrive plus à retrouver ses repères, des églises et des mosquées remplies  de marchands d’illusion, vendant Dieu au plus offrant. Tel est  le cocktail explosif qui alimente l’insécurité en Guinée !

Ce n’est pas un phénomène nouveau. Dans tous les pays du monde, le risque sécuritaire demeure une préoccupation majeure de tous les pouvoirs. Qu’ils soient de gauche ou  de droite. C’est un corollaire du développement  national. L’insécurité est un phénomène sous-jacent de toutes les sociétés en mutation.

Mais cela n’est pas une raison de  baisser les bras et laisser la pourriture s’installer. L’histoire nous permet de corriger cette ‘’verrue’’ de la société, par une ferme détermination à enrayer  ce cancer de toutes les nations civilisées. L’ordre et la discipline devraient être la règle et non l’exception, comme nous le constatons malheureusement dans notre pays.

L’Etat guinéen est lui-même gangrené par la mal-gouvernance, dans ses Forces de Défense et  de Sécurité. Les Forces de police sont  mal équipées et démotivées face à  une recrudescence inexorable de la criminalité.

La Guinée est entourée de trois pays qui viennent tout juste de sortir de plus d’une décennie de sanglants conflits, des  hommes et des armes circulent sans contrôle rigoureux aux postes frontières ; les droits de résidence restent inaliénables aux ressortissants de tous ces trois pays qui font tous partie de vastes ensembles régionaux, comme la CEDEAO et la Mano-River-Union , pour ne citer que ces deux exemples. De tous ces pays, seule la Guinée n’a pas encore expérimentée de conflits majeurs, mais la promiscuité avec ceux-là plombe notre marche en avant.

Il reste au pouvoir du professeur Alpha Condé de trouver des solutions à cette équation à plusieurs inconnues.

Dans les années soixante et soixante-dix, nous avons été  témoins des  progrès enregistrées dans le pays de Nana Boigny. Le boom économique a entraîné une explosion d’attaques à mains armées, avec son corollaire d’assassinats et de viols à grande échelle, la Côte d’Ivoire était dans un danger réel de déstabilisation. Comme on le dit, aux grands maux, les grands remèdes ! Il fut créé dans la foulée un Conseil National de Sécurité avec de larges pouvoirs sur toute l’étendue du territoire national. Des opérations  ‘’coups de poing’’ furent déclenchées, les Forces de police et de gendarmerie à l’unisson ramenèrent le calme, un calme relatif dans la cité.

Pour financer ces opérations, une contribution fut demandée à tous les honnêtes citoyens, aux organisations nationales et internationales, à tous ceux des  hommes et femmes qui se sentaient une fibre patriotique pour éradiquer cette gangrène de la société et ramener la quiétude dans les foyers.

En Guinée, Conakry et  sa banlieue qui jouxte les préfectures de  Dubréka et de Coyah est envahi par des cohortes de colporteurs, de chômeurs et de sans-logis qui constituent aujourd’hui une bombe à retardement. Aucune trace visible de l’Etat pour protéger ses citoyens, rien ne peut dissuader les malfaiteurs de planifier et d’exécuter leurs sales besognes, souvent à la barbe des Forces de Défense et de Sécurité, absentes souvent des grands centres d’intérêt de la capitale.

Kagbélén dans Dubréka, Kountia qui sont en quelque sorte les verrous d’accès à Conakry, devraient dès maintenant bénéficier de surveillance accrue et doter les différents postes de police et autres escadrons de moyens conséquents, d’hommes motivés prêts à en découdre avec la pègre qui est en devenir dans notre pays. Ne plus se contenter de patrouilles de façade et ne plus invoquer un manque de carburant pour  ne pas effectuer une mission.

Nos amis Français, Espagnols, Chinois ou Américains pourraient éventuellement nous apporter leurs expertises pour former un tant soit peu, des hommes dont  le recrutement serait conditionné par une bonne moralité et une volonté exprimée de participer à l’éradication de ce cancer des peuples.

De même nous suggérons que les autorités préfectorales soient intimement associées à cette croisade.

Une vigilance de tous les instants, est demandée à tous les citoyens, notamment dans les préfectures et postes frontières de Forécariah, Kindia, Boké, et plus près de nous Coyah et Dubréka qui sont  les principales portes d’entrée de la capitale. A l’heure ou les travaux routiers vont vers leur finalisation, les routes et les villages désenclavés un regain de confiance des malfaiteurs est perceptible avec de surcroit une ville éclairée comme nous le promettent les ingénieurs de la Centrale de Kaléta, le grand banditisme risque de prendre du poil de la bête, alors….. vigilance. Nous pensons qu’avec une volonté politique le mal sera vaincu.

Evidemment les Guinéens attendent que le pouvoir réagisse en protégeant les biens et les personnes, Cela ne devrait nullement être une question à débattre à l’Assemblée nationale. C’est une question de vie ou de mort. L’Etat devrait prendre ses responsabilités,…. sans Etat d’âme !

La problématique de l’insécurité est multiple et devrait inclure au premier chef l’arrêt de l’impunité, impunité à tous les étages de la vie nationale.

L’Etat de droit que nous sommes entrain de construire ne saurait être un système de deux poids deux mesures, quant aux justiciables que nous sommes, tous âges, toutes classes confondus.

A l’évidence construire un Etat de droit ne doit pas rimer avec désordre, meurtres, insécurité que sais-je encore…. Construire un Etat de droit  devrait permettre un Etat fort ou la justice reste le seul motif de satisfaction du pouvoir lui-même. C’est à ce prix que la peur changera de camp. Les honnêtes citoyens des villes et des campagnes pourront vivre en toute quiétude.

Samba TOURE

 

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