Rencontre avec Gabriel CURTIS Directeur Général de l’APIP

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L’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP-Guinée) est chargée de la promotion de l’investissement privé en République de Guinée. Elle a pour rôle d’accompagner les investisseurs tout au long du processus d’investissement.

L’APIP a pour mission de promouvoir l’investissement privé et de mettre en œuvre la politique du gouvernement guinéen en matière de développement des investissements privés nationaux et étrangers.

L’agence assure également le Secrétariat Permanent du Conseil Présidentiel des Investissements et des Partenariats Public-Privé (CPI-PPP) qui a pour mission de promouvoir le dialogue direct entre l’Etat, le secteur privé et la société civile en vue d’améliorer le climat des investissements en Guinée.

Nous avons trois fonctions principales :

  • Servir de Guichet Unique de l’Investisseur notamment par la création d’entreprise en 72 heures ou moins et l’accompagnement des entreprises après la création et la facilitation et l’accès aux avantages du Code des Investissements. Fournir tous les services en un seul lieu ;
  • Promouvoir les investissements privés en Guinée à travers l’accompagnement des investisseurs tout au long du processus d’investissement et le suivi des projets d’investissement. Nous avons pour charge aujourd’hui de vendre l’image de la Guinée à l’extérieur.
  • Assister les entreprises notamment nationales à travers le renforcement des capacités des entrepreneurs nationaux l’assistance aux guinéen de l’étranger, et la recherche de financement.
  • Comment APIP-Guinée accompagne l’investissement :
  • Le Guichet Unique de l’investisseur pour créer une entreprise en 72 heures ou moins ;
  • Un Portail des Investissements de la République de Guinée (invest.gov.gn) regroupant les informations indispensables aux investisseurs privés désireux d’entreprendre en Guinée ;
  • Un répertoire de 2 000 entreprises évoluant sur le sol guinéen disponible pour une mise en relation effective avec l’investisseur ;
  • Mise à disposition des investisseurs intéressés des informations détaillées sur les secteurs d’opportunité ;
  • Appuis à l’intégration et à la promotion des projets d’entreprise et d’insertion des guinéens résidents à l’étranger.
  • Les différentes activités de promotion et les mises en relations (B2B, B2G et G2G)

Un  climat davantage clément pour les affaires en Guinée !

De l’avis des experts aguerris et en se fiant aux conclusions des organismes attitrés, « la Guinée est depuis plusieurs années dans une bonne dynamique d’amélioration du climat des affaires ». Ce constat résulte des réformes engagées par le Président Alpha CONDE et mises en œuvre patiemment et courageusement par le gouvernement guinéen en dépit des obstacles et résistances de toutes natures. Ces efforts ont eu une incidence positive sur les indices de perception qui se sont sensiblement améliorées :

En témoigne le dernier classement du Rapport Mondial sur le ‘’Doing Business’’ qui a vu le pays progressé de 10 places (son meilleur score à date). La Guinée occupe en effet, le 153ème rang sur 190 pays classes en 2017.

Quant au Rapport Annuel sur la Compétitivité publié par le World Economic Forum de Davos il place la Guinée au 119ème rang sur 137 pays ; son meilleur classement depuis que l’indice existe.

Cerise sur le gâteau, ces réformes internes ont été également notées et saluées par le Forum sur la Compétitivité des Investissements du Groupe de la Banque Mondiale. L’institution a primé la Guinée qui se situe en 2017 parmi les cinq pays les plus réformateurs du monde pour l’attraction des IDE (Investissements Directs Etrangers).

Certes, le ciel guinéen est de plus de plus moins chargé en matière d’environnement des affaires mais force est de reconnaitre qu’il reste encore beaucoup à faire pour lever les obstacles et autres freins qui se posent pour accélérer la dynamique des réformes engagées.

Il va falloir commencer par alléger la fiscalité induite par la lourdeur administrative et ces longs délais de paiement des impôts (400 heures) en Guinée.

Ensuite régler le problème de l’Electricité notamment en facilitant l’accès et en réduisant  le coût du raccordement qui est, selon le rapport Doing Business « l’un des plus élevé au monde (5639.8% du revenu par habitant) ». La fiabilité de la fourniture en électricité est un des critères notés en défaveur du pays tout comme le manque de progrès dans l’application de la reforme strategique sur le Foncier.

Guichet Unique … plus de soucis pour les entrepreneurs !

Le Guichet Unique de l’Investisseur est chargé de l’ensemble des formalités relatives à la création d’entreprise, à l’octroi des agréments au régime privilégié du code des Investissements et au suivi des projets agréés.

L’Organigramme du Guichet Unique

  • Accueil: il reçoit et constitue les dossiers de création qu’il place dans le circuit de traitement adéquat ;
  • Centre de Formalité des Entreprises: Il offre des services d’assistance pour toutes les formalités relatives à l’immatriculation des entreprises et post-création pour l’accomplissement des formalités post-création, spécifiques à leur domaine d’activité ;
  • Service clientèle: IL reçoit, examine et prépare des dossiers de demande d’accès aux avantages du Code des Investissements ;
  • Service Juridique et Contentieux: Il conseille sur toutes les questions juridiques relatives aux activités de l’Agence, et s’assure de la conformité des actes et documents juridiques reçus et produits dans le cycle de création d’entreprise.

Un encadré en forme de maison bâtie sur 4 piliers

Les garanties et autres appuis en termes de financements des entreprises :

L’APIP n’octroi pas de financement ou de garantie mais peut faciliter l’obtention de ceci à travers les fonds de garanties suivants :

  • ARIZ (Accompagnement du risque de financement de l’investissement privé en zone d’intervention) est une garantie en perte finale proposée par l’Agence Française de Développement aux institutions financières pour couvrir 50 % à 75 % d’un prêt individuel ou un portefeuille de prêts aux PME et aux institutions de micro finance (IMF) ;
  • La Société financière Internationale (IFC)   a mis à disposition des entreprises un fonds de 5 000 000 de dollars US ;
  • Le Fonds de Garantie des Investissements Privés en Afrique de l’Ouest (Fonds GARI) a pour ambition de faciliter l’accès des entreprises privées de la région aux financements à moyen et long terme, par le partage, avec les établissements de crédit, des risques liés à ces opérations. Il bénéficie depuis juillet 1995 du statut d’établissement financier au sens de la loi bancaire en vigueur dans l’UEMOA.
  • Le programme de garantie de crédit de l’USAID, l’Autorité de développement de crédit (DCA), fournit des garanties partielles de crédit qui débloquent des prêts au secteur privé en Afrique. Pour l’exercice écoulé, le portefeuille DCA de l’USAID en Afrique a augmenté de 23 %, marquant le montant le plus élevé de financement qui n’ait jamais été mis à la disposition des entreprises africaines à travers le DCA.
  • la SFI a annoncé (juin 2014) avoir conclu un accord de coopération avec la BCRG visant à poser les bases d’un système de crédit-bail (mode de financement alternatif pour le développement des petites entreprises dépourvues de toute garantie et ne disposant pas de fonds propres suffisants de financer leurs investissements) destiné à aider les entrepreneurs à renforcer et à développer leurs entreprises.

Y a-t-il, à date, des mécanismes d’aide au financement des PME ? lesquels ?

Le Projet d’Appui aux Petites et Moyennes Entreprises (PAPME) sur financement IDA de la Banque mondiale depuis 2013 a été mise en place pour appuyer le secteur privé et les PME. Ce projet prendra fin en décembre 2017 et est sous la tutelle du Ministère de l’Industrie, des PME et de la Promotion du Secteur Privé. Il a abouti à la création du Centre d’Appui aux Petites et Moyennes Entreprises (CAPME) sis à l’immeuble Activa à Donka.

Les Mutuelles financières des femmes africaines de Guinée (MUFA-Guinée)en 2015 sur l’initiative de Monsieur le Président de la République de Guinée sont dédiées à la dynamisation du secteur privé en général, mais aussi en particulier, à la promotion de l’entreprenariat féminin. Elle a pour objectif de contribuer directement à l’émancipation de la femme guinéenne au processus de développement économique de notre pays afin de juguler la pauvreté.

Qu’est ce qui est fait pour intégrer le secteur informel dans les activités du formel Facilités, fiscalités, mécanismes innovants ?

Trois 3 jours pour créer son entreprise

L’amélioration et la facilitation du processus de création d’entreprise à 72 H (en 3 jours)  ou moins a permis de rétablir la confiance des usagers et contribue à la formalisation de nombreuses entreprises. Ainsi, les éléments suivants contribuent à l’intégration du secteur informel :

  • La création place du Guichet Unique de l’Investisseur au niveau de l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP-Guinée) ;
  • La décentralisation de ce Guichet à travers ses annexes et les antennes régionales ;
  • La digitalisation du processus de création d’entreprise pour accélérer la formalisation des entreprises ;
  • Les Centres de Gestion Agréé ont pour objectif d’apporter une assistance aux petites et moyennes entreprise exerçant une activité sur le territoire national en matière de gestion et de formation dans le domaine financier, comptable, juridique et fiscal.

Les réformes de la fiscalité vont aussi jouer un rôle important pour renforcer le climat de confiance et accélérer la formalisation du secteur informel.

Les résultats de la stratégie de promotion de l’APIP pour mobiliser et intéresser la diaspora guinéenne à investir en Guinée.

L’Agence de Promotion des Investissements Privés a développé une stratégie d’attraction des investissements de la diaspora à travers l’organisation de plusieurs Journées Portes Ouvertes à l’étranger notamment à New-York et à Paris.

Nous participons aussi aux évènements promotionnels pour la diaspora dont Vivre la Guinée à Bruxelles, la Conférence de l’Organisation International pour les Migrants (OIM) à Bruxelles aussi.

Nous avons créé un espace investissement pour la diaspora guinéenne sur le site institutionnel de l’agence. Nous avons mis en place un processus de facilitation de la création d’entreprise en ligne à distance à travers la collaboration de nos différentes ambassades. Nous avons élaboré un questionnaire pour collecter les besoins d’investissement des guinéens de la diaspora. Nous sommes entrain de mettre en place une base de données des entreprises de la diaspora à l’étranger.

Que peut-on retenir de la contribution de l’APIP à la réussite des travaux du groupe consultatif sur la Guinée à Paris (le PNDES) ?

L’Agence de Promotion des Investissements Privés a joué un rôle central dans la coordination et l’organisation du focus sur le secteur privé. Un focus qui était axé sur deux panels. Le premier avait pour thème : Opportunités d’investissement dans les mines : transports et logistique. Le second était : la contribution du secteur privé dans le financement du PNDES.

L’APIP a servi de structure d’appui dans la préparation des présentations sectorielles. Elle a aussi joué un rôle central dans la gestion et la coordination des séances B2B (Business to Business). Elle a également coordonnée les activités liées aux déclarations d’investissement des bailleurs et du secteur privé.

Au regard des gros financements annoncés, quels sont les défis et les gros chantiers pour l’APIP  dans le court, moyen et long terme ?

Les défis de l’APIP sont au niveau du développement d’un système performant de suivi des annonces d’intention d’investissement du secteur privé. La coordination de ce suivi avec les administrations concernées. En gros, matérialiser les intentions d’investissement.

Nous avons aussi besoin de renforcer nos services à l’intérieur du pays pour nous assurer que les investisseurs sur place bénéficient des mêmes commodités que ceux qui vivent dans la région administrative de Conakry et que les investissements soient aussi orientés en région.

Rencontre avec Gabriel CURTIS Directeur Général de l’APIP

En quoi consiste le projet du schéma directeur de réaménagement de Kaloum et des îles de Loos ?

Le schéma directeur de Kaloum et des îles de Loos répond à ce besoin d’outil de planification et de vision à long terme. Le schéma directeur de Kaloum et des îles Loos a été initié par le Gouvernement de la République de Guinée pour redynamiser Kaloum et les îles de Loos sur le long terme dans la continuité de l’étude Grand Conakry Vision 2040. Le projet vise, d’une part à repositionner Kaloum en optimisant son front de mer pittoresque et en construisant ou réhabilitant des bâtiments, les infrastructures, le patrimoine existant ; et d’autre part faire des îles autour de la capitale, des îles de la Célébration, offrant des lieux pour l’évènementiel, les festivals et la culture à Conakry.

Le schéma directeur de Kaloum inclut les îles de Loos dans le périmètre ; ces îles, situées à seulement 4 kms au large de Kaloum, pittoresques et vierges, offrent un cadre unique qui complète la capitale et lui donne des attraits touristiques et naturels.

Le schéma directeur de réaménagement de Kaloum et des îles de Loos est une sous-composante du Grand Conakry – Vision 2040 dont le scénario de mise en œuvre retenu par le Comité Interministériel de l’Aménagement du Territoire (CIAT), est un scénario d’équilibre qui permettra de répartir la pression démographique de la région à trois échelles : le territoire de la péninsule, le territoire des extensions urbaines récentes, le territoire des polarités relais existantes et à créer.

Le schéma cadre avec les axes stratégiques du Grand Conakry est opérationnel et propose des projets clés (d’embellissement, d’infrastructure, de restructuration, de remblais, etc.), et un cadre de mise en œuvre. Il se décline en trois phases exécutoires : phase 1 (2017-2020), phase 2 (2020-2030) et phase 3 (2030-2040).

Qui est le porteur du projet ?

Le projet figure parmi les priorités de la Présidence de la République de Guinée. Le suivi est assuré par l’Agence de promotion des investissements privés de Guinée (APIP-Guinée), qui coordonne les activités menant à la réalisation de ce projet. Le Comité Interministériel pour l’Aménagement du Territoire présidé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et dont la vice-présidence est assurée par le Ministre en charge de la Ville et de l’Aménagement du Territoire examine et approuve les orientations techniques.

L’ancrage institutionnel au niveau de la Présidence permet d’accélérer les procédures liées à l’exécution du projet, et d’éviter la multiplication des intervenants et de gagner en temps pour les différentes phases d’opérationnalisation du projet.

Qui finance le projet ?

Le rapport de mise en œuvre du Schéma directeur d’aménagement de Kaloum et des îles de Loos propose plusieurs modes de financement qui tiennent compte des capacités de financement du gouvernement. Ainsi, les modes de financement envisagés sont :

  • Public (national ou collectivités locales) : Budget National de Développement ou budget gouvernorat ou mairie
  • Privé pour les projets marchands
  • Partenariat Public Privé (Offre de terrain conditionnelle, gouvernement en tant que facilitateur, adjudication de terrain conditionnelle)
  • Financements ou dons bilatéraux ou par des partenaires techniques et financiers

Les cessions de terrain sous conditions ou par le biais de partenariat public – privé (PPP) se feront à travers des apports en nature ou par des cessions d’avantages entre l’Etat et les parties privées qui apporteront du capital. Le financement en PPP est proposé pour les projets stratégiques, où le gouvernement à un certain contrôle dans le développement global.

Que pouvez-vous dire sur la Zone Economique Spéciale ?

L’initiative « Zone Économique Spéciale » de la Guinée s’inscrit dans le cadre de sa politique de développement économique et sociale. L’idée est de créer une ville modèle pour l’Afrique de l’Ouest avec les meilleures politiques compétitives au niveau international. Une plaque tournante de promotion industrielle et commerciale, se proposant de développer des produits et des services de la région.

Le projet va au-delà du concept de Zone Franche Industrielle et comprendra un parc industriel, des espaces de services, des bureaux, une plate-forme logistique, une zone commerciale, des complexes touristiques, et des zones résidentielles.

La ZES sera dotée d’un statut juridique spécial (régime administratif fiscal et douanier souple et préférentiel) et offrira un accès garanti aux facteurs techniques de production (électricité, eau, gaz, télécommunication, assainissement), aux intrants (matières premières, capital humain), aux infrastructures de connexion (routes, ports, aéroports, chemins de fer ) pour attirer (les résidents à hauts revenus) et les entreprises de production de biens et services qui ciblent les 360 millions de consommateurs du marché de la CEDEAO et au-delà.

Objectifs

La réalisation de la ZES vise à créer les conditions d’émergence et de développement d’un pôle de compétitivité et de croissance dans la région administrative de Boké, capable d’exercer un puissant effet d’entraînement sur l’économie nationale.

Ce projet a pour ambition de positionner la Guinée comme un hub de plateformes logistiques intégrées en Afrique de l’Ouest. A cela s’ajoute une volonté d’être un centre de production économe pour des industries légères, être le meilleur centre de services d’exportation des TIC en Afrique francophone et devenir la première municipalité moderne en Guinée.

Le développement des 2 000 Ha de la ZES est prévu en trois (3) phases principales sur une période de 20 ans. La première phase se déroulera sur 3 ans et représente 15% de l’espace dédié, soit 300 Ha ; La deuxième phase s’étend sur 7 ans et représente 35% de l’espace, soit 700 Ha. La troisième et dernière phase est prévue sur 8 ans et représente 1 000 Ha, soit 50% de l’espace total.  Ce projet autonome génèrerait près de 100.000 emplois.