PNDES : Une belle moisson de 21 milliards d’euros

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« Les résultats ont été au delà de nos attentes, ce fut un immense succès ! » confiait, le visage radieux Hadja Mama Kanny Diallo, Ministre de la Coopération Internationale au sortir des travaux du Groupe consultatif de la Guinée à Paris en novembre 2017. Le financement du PNDES (Plan National de Développement Economique et Social 2016/2020) était l’enjeu majeur de la mobilisation au tour du gouvernement guinéen de plus de 400 bailleurs de fonds, partenaires techniques et financiers, grandes institutions de financement du développement, investisseurs privés grands operateurs économiques, experts et conseillers.

Au terme de 2 travaux en focus-groupe et des rencontres ciblées, les partenaires techniques et financiers ont dégagé, à l’appel du gouvernement guinéen, une enveloppe de 21 milliards d’euros pour le financement de plus de 50 projets structurants contenus dans le Programme National d’Investissement (PNI). C’est plus que les 14 et 15 milliards d’euros d’estimations de base qui étaient attendus par la Guinée. Les PTF convaincus du caractère structurant du PNDES guinéen ont été ouverts et sensibles, reste au gouvernement guinéen de créer les conditions d’absorption de ces montants annoncés pour assurer le décollage économique de la Guinée.

Ce résultat démontre, de l’avis de beaucoup d’experts et bailleurs, de l’appui inconditionnel de l’ensemble de la communauté internationale, à travers les partenaires au développement bilatéraux, multilatéraux et des investisseurs privés, à l’atteinte des objectifs de développement de la Guinée.

«La République de Guinée peut être fière de la tenue de ce groupe consultatif car les résultats obtenus sont largement au-dessus de nos espoirs» soulignera le Président Alpha Condé devant le parterre de PTF et d’investisseurs privés du pays a la clôture du Groupe consultatif.

En effet, termes d’enjeux de développement, il est utile de rappeler la Guinée a été, et reste confrontée à d’enormes problèmes. Les dernières études d’experts révèlent qu’en dépit des reformes et efforts, le pays présente plusieurs sources de vulnérabilité institutionnelle qui les amène  à classer la Guinee dans le groupe d’Etats fragiles de la planète.

Mieux, on le sait, les convulsions socio économiques de ces dernières années ainsi que la terrible et foudroyante épidémie d’Ebola ont lourdement affecté le pays, en particulier les couches les plus vulnérables. Quant à la croissance démographique, elle  continue de s’accélérer (2.49% en 2016), une situation délicate si on le compare au taux de croissance economique (en berne) même  si ces dernières années, la nouvelle embellie de reprise des activités laisse entrevoir de belles perspectives de relance economique pour le pays.

C’est justement pour donner un tonus à ce frémissement de reprise et opérer une transformation économique durable et inclusive que le gouvernement guinéen a opté pour un retour a la planification en tant qu’instrument privilégié de gestion du développement.

Le PNDES soumis ‘’à la foire des bailleurs et PTF’’ à Paris pour financement est cet outil pratique qui a pour vocation à opérationnaliser sur la période 2016-2020, la Vision d’une Guinée émergente et prospère à l’horizon 2040. Les projets et réformes clés du PNDES visent à renforcer le développement économique et social du pays à travers les 4 piliers sur les quels s’appui le Plan. Le PNDES promeut également une croissance forte et inclusive, permettant de réduire durablement la pauvreté et le niveau des inégalités dans le pays.

Dans les travaux en focus groupe, la réunion de Paris a permis de mettre en exergue les enjeux, défis et opportunités qu’offre la Guinée aux partenaires intéressés à accompagner la valorisation de son énorme potentiel economique les prochaines années.

                          Faire de secteur privé le moteur de la croissance

Pour le secteur privé il va falloir faciliter et structurer les investissements dans le secteur. Plusieurs mesures ont d’ailleurs déjà été mises en place. La restructuration de l’Agence de Promotion des investissements Privés (APIP) et la mise en place d’un guichet unique pour les investisseurs à son niveau a ainsi permis le renforcement du cadre institutionnel. Un guichet unique minier a également été créé, tandis que le cadastre et les licences minières ont été digitalisés. Un guichet unique foncier verra également le jour en 2018. Un Code des Investissements plus attractif et ses textes d’application ont été promulgués en 2015, tandis qu’un nouveau Code Minier a été adopté, dans la foulée de l’adhésion à l’initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE).

 Libérer et valoriser le potentiel énergétique pour booster le développement

L’énergie est un des secteurs stratégiques du PNDES. Les financements projetés permettront la réalisation de nombreux projets clés dans ce secteur, notamment celui du barrage hydroélectrique de Souapiti (550 MW). Parmi ceux déjà réalisés, la mise en service du barrage hydroélectrique de Kaleta (240 MW), la construction des postes de Hamdallaye, Kaloum et Kipé (100 MW), l’injection de l’énergie thermique de K-Energie dans le réseau, l’alimentation des 9 villages de Bouré et l’installation des lampadaires solaires dans les communes rurales et urbaines. Suite à ces réalisations, le taux d’accès à l’énergie électrique, selon les sources officielles a été portée de 18,1% en 2014 à 29% en 2015 (y compris 11% de connections illégales).

  Valoriser le secteur agricole pour diversifier l’économie

Toutes les études d’experts s’accordent à dire que l’avenir de la Guinée passe par la valorisation du secteur agricole qui occupe plus de 80% de la population active. En effet,  la contribution de l’Agriculture au produit intérieur brut (PIB) du pays est encore estimée à environ 14,2% (en 2010). En outre, 80% des terres arables sont actuellement inexploitées. Ce qui constitue un potentiel énorme puisque l’agriculture est la principale source de revenu pour 57% des ruraux.

 Bon à savoir

Le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, constitue la deuxième génération de plan sous la 3ème République, après le Plan Quinquennal 2011- 2015 (PQ). Il concrétise la volonté politique clairement affirmée par le Premier Ministre dans sa Déclaration de Politique Générale1 de faire du plan, l’instrument privilégié de gestion du développement. En outre, le PNDES à vocation à opérationnaliser sur la période 2016-2020, la Vision d’une Guinée émergente et prospère à l’horizon 2040. Il est le fruit d’un processus participatif incluant la Primature, les ministères à travers leurs BSD, le secteur privé, la société civile, les collectivités locales et les PTF (Partenaires Techniques et Financiers).

 

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