Espoir de Guinée, une ONG américaine au service des jeunes défavorisés.

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Ibrahim Diallo, directeur exécutif d’Espoir de  Guinée : « Notre ambition : être leader dans la promotion des sciences appliquées, et surtout des nouvelles technologies. »

Ibrahim Diallo est le directeur exécutif d’Espoir de Guinée, une ONG américaine installée en Guinée. Celle-ci a eu à organiser, cette année, une colonie de vacances avec cinquante-quatre (54) élèves et cinq (5) encadreurs talentueux. Nous avons rencontré l’homme, pour mieux connaitre cette ONG, sa philosophie, ses objectifs et ses perspectives d’avenir.

Monsieur Diallo, peut-on connaitre votre parcours professionnel ?

Pour la petite histoire, j’ai fait la majeure partie de mon primaire et de mon secondaire en Guinée, avant de rejoindre les Etats-Unis. J’ai 28 ans. Je suis diplômé de l’Université de Georgetown, à Washington DC. Avec la polyvalence des universités américaines, j’ai été successivement comptable, directeur financier, puis directeur du service informatique d’une compagnie américaine, aux Etats-Unis.

Nous avons l’impression que ceux qui font Georgetown sont plutôt versés dans la vie associative, puisque nous avons aussi une américaine, Mme Meghane, la cofondatrice de l’ONG ‘’Osez-innover’’, qui a aussi fait Georgetown. Pourquoi ça ? Ou est-ce parce qu’elle est constituée de beaucoup de Noirs ?

Georgetown n’est pas en réalité constituée de Noirs. Les Noirs, en fait, forment la minorité. L’esprit de Georgetown, c’est de promouvoir et d’aider les autres, les démunis, de participer à l’émancipation du monde entier. C’est une université d’une très grande renommée, avec des personnalités comme le président Bill Clinton et d’autres. Elle promeut  aussi  le volontariat.

Qu’est-ce qu’Espoir de Guinée ?

Espoir de Guinée est une ONG guinéo-américaine fondée aux Etats-Unis et qui s’investit dans l’éducation des jeunes  défavorisés, des enfants déscolarisés, des orphelins.

Quels sont les objectifs de l’ONG ?

Les objectifs de l’ONG sont : tout d’abord, donner l’espoir à tous les enfants et nous le faisons à travers le parrainage ; nous prenons les enfants orphelins, défavorisés, de l’école primaire jusqu’à la fin de leur cycles pré-universitaire, c’est-à-dire que nous les prenons dans les écoles publiques et nous les mettons dans les écoles privées. Nous nous occupons de toutes les charges liées à leur éducation. Secundo, l’ONG œuvre pour la promotion de la lecture, c’est-à-dire, nous avons construit une bibliothèque physique à l’école Josip Broz Tito et une bibliothèque mobile qui sillonne un peu la capitale. Ceci a pour objectif de promouvoir la lecture au sein du système éducatif guinéen. Nous avons aussi construit un terrain de sport.

Justement, dans la cadre de ce défi de la lecture au niveau des élèves-apprenants, savez-vous que Conakry va abriter l’événement « Capitale mondiale du livre en 2017 ». Que comptez-vous faire, étant donné que vous avez déjà une bibliothèque pour la lecture ?

C’est vrai que Conakry a été désignée capitale mondiale du livre pour 2017. Au fait, nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe qui a été mise en place pour représenter l’Amérique du Nord dans l’organisation de cet événement. Nous comptons amener notre équipe pour la contribution de nos partenaires qui s’intéressent à la lecture et nous travaillons avec l’équipe qui se trouve aux Etats-Unis pour faire la promotion de cet événement, afin d’attirer les partenaires à s’intéresser à la Guinée.

Alors, vous voulez attirer les partenaires, mais comment comptez-vous mobiliser des fonds ? Et quelle sera votre contribution exacte ?

En ce qui concerne les fonds alloués à cette organisation, nous travaillons avec d’autres équipes aux Etats-Unis. Nous avons commencé déjà les préparatifs. Dès notre retour aux Etats-Unis, nous envisageons une cérémonie de collecte de fonds et inciter les différentes institutions pour qu’elles soutiennent cet événement.

Alors quelles sont vos réalisations sur le terrain ?

Depuis notre existence, Hope of Guinea a parrainé douze (12) enfants, dont huit (8) filles et quatre (4) garçons. Leur prise en charge débute au primaire, et selon le mérite au collège. Nous avons construit une bibliothèque fixe et un terrain de sport à l’école Josip Broz Tito, et nous avons aussi un partenariat avec le Corps de la paix et d’autres ONG, qui distribuent plus de trente (30) milles livres à travers la Guinée, dans trente-sept (37) sous-préfectures du pays. Tout récemment, en partenariat avec d’autres ONG, nous avons distribué vingt-six (26) mille paires de chaussures à travers la Guinée et au-delà de cela, nous venons juste de finir notre colonie de vacances dénommée STIM (Science-Technologie-Ingénierie-Mathématiques), pendant laquelle nous avons fait venir des encadreurs américains qui ont participé à la formation de cinquante-quatre (54) élèves issus des différentes écoles de la capitale et aussi à la formation de cinq (5) encadreurs de cinq (5) différentes écoles de la capitale. L’objectif était de reproduire ce que nous avons appris lors de la colonie dans ces différentes écoles.

Quels ont été les critères pour sélectionner ces cinquante-quatre (54) élèves et ces cinq (5) encadreurs guinéens ?

Parmi ces cinquante-quatre (54) élèves, il y en a trente-deux (32) qui sont issus des écoles publiques. Nous avons sillonné les écoles publiques de la capitale, où nous avons demandé une liste des meilleurs élèves des 7ème et 8ème Années, et les listes ont été fournies par ces écoles. Par la suite, aux Etats-Unis, avec nos partenaires américains, nous avons élaboré des sujets pour un examen, et les épreuves ont été distribuées dans les écoles par l’équipe locale de Hope of Guinée. Les copies ont été corrigées aux Etats-Unis, et c’est sur la base de ces résultats que la sélection a été faite. En ce qui concerne les encadreurs, notre équipe a travaillé en étroite collaboration avec les directeurs des écoles pour choisir des encadreurs, un par commune, dans le domaine de la science, de la chimie et de la physique.

Pourquoi ne pas organiser un voyage d’études à l’intention des medias guinéens pour connaitre le siège de l’ONG et qui sera un outil de communication ?

C’est une excellente idée ; cela fait partie de notre programme de faire découvrir aux Guinéens ce qu’on est en train de faire aux USA. Nous sommes actuellement en réflexion avec notre conseil d’administration (Président Dr Sarah McCue, vice-président, Dr Abdourahmane Diallo, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique). Notre ambition est de travailler avec les medias guinéens pour un voyage d’études, afin de découvrir ce que nous faisons et le relater au pays. Nous avons un permanent suppléé par dix (10) autres collaborateurs, en la personne de Djigui Sékou Camara.

Quelles sont les perspectives d’avenir de votre ONG ?

Nos perspectives d’avenir se limitent essentiellement au développement de la Guinée en général et en particulier du système éducatif. Nous avons une ambition d’être une ONG qui va devenir le leader dans la promotion des sciences appliquées, et surtout les nouvelles technologies. Plus tard, nous pensons organiser un symposium qui va regrouper les différentes composantes de la société guinéenne ; c’est-à-dire le secteur privé, le gouvernement, les partenaires et toute autre bonne volonté (élèves et encadreurs), pour pouvoir discuter des perspectives sur le système éducatif. La meilleure façon pour nous de combler ce gap entre les pays sous-développés et les pays développés, c’est par les nouvelles technologies.

 

Entretien réalisé par DDA

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