STOP PALU

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Docteur FOFANA, chef de projet Stop Palu « Le plus important n’est pas de distribuer les MILDA, mais de veiller à ce que les populations les utilisent correctement et régulièrement ».

Pour Dr FOFANA, chef du projet STOP PALU, quoique ravie, « le plus important n’est pas de distribuer les MILDA, mais de veiller à ce que les populations utilisent correctement les MILDA reçues. Notre slogan est « Toute la famille, toute l’année, toutes les nuits, dormons sous MILDA ». Là encore, il faut remarquer, préviennent les cadres du projet Stop Palu, que le paludisme n’est pas circonstanciel, mais existe toute l’année. Aussi, quelle que soit la forme des moustiquaires, celles-ci sont toujours efficientes. C’est un ouf de soulagement avec la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) aux femmes enceintes, à leur première consultation prénatale et aux enfants de moins d’un an.

 

  • Qu’est-ce que Stop Palu?

Stop Palu est un projet de lutte contre le paludisme financé par l’USAID.

  • Depuis quand existez-vous?

Nous existons depuis le 16 mai 2013.

  • Pourquoi encore Stop Palu, alors qu’il y a le Programme National de Lutte contre le Paludisme ?

Le programme national est l’instance de coordination nationale des activités de lutte contre le paludisme en Guinée. C’est un programme du ministère de la Santé.  Il élabore la politique nationale, définit les axes stratégiques et coordonne et supervise toutes les activités de lutte contre le paludisme au niveau national. Par contre, StopPalu est un projet qui est financé par le gouvernement américain, qui vise à appuyer le Programme Palu dans la mise en œuvre de son plan stratégique, en vue de lutter contre le paludisme en Guinée.

  • Pouvez-vous décliner votre stratégie d’intervention?

Les principaux éléments de notre stratégie opérationnelle sont les suivants:

  • Impliquer les organisations de la société civile (OSC)/organisations communautaires de base (OCB) dans les politiques, les systèmes et les mécanismes de santé pour améliorer la qualité des services de lutte contre le paludisme et son impact.
  • Travailler avec des partenaires locaux pour favoriser le renforcement des institutions et la pérennisation des activités.
  • Adapter les approches de formation aux besoins, rôles et responsabilités des participants à tous les niveaux.
  • Mener un plaidoyer global sur le paludisme en collaboration avec le PNLP et selon une approche multisectorielle.
  • Intégrer les campagnes d’IEC / CCC à l’ensemble des prestations et des services.
  • Introduire des innovations pour augmenter l’impact, et être prêt à réagir avec souplesse aux nouvelles opportunités et à l’évolution des conditions opérationnelles.

 

  • Comment votre programme arrive-t-il à résoudre la question de prévalence des formes sévères de paludisme observées dans les hôpitaux ?
  • Pour réduire le cas de paludisme grave, le projet en appui à la stratégie nationale de lutte contre le paludisme renforce les activités de prévention telles que la distribution gratuite des MILDA à travers les campagnes 2013 et 2016, la distribution de routine dans les centres de santé ciblant les femmes enceintes et les enfants de moins d’un an. Le projet a aussi formé et encadre plus de 13.000 agents communautaires qui sont dans les villages et qui aujourd’hui peuvent diagnostiquer et traiter les cas de paludisme simple. Ces agents sont formés et dotés en médicaments et tests rapides du paludisme, grâce au financement de l’USAID. Toutes les structures sanitaires sont aujourd’hui formées et dotées en tests rapides et en médicaments. Tous ces services sont gratuits. C’est pourquoi, nous sensibilisons la population à se rendre chez l’agent communautaire de son village ou bien au centre de santé le plus proche, dans les 24h qui suivent l’apparition de la fièvre. Ainsi, il bénéficiera gratuitement d’un test rapide qui, en 15mn, montrera s’il a le paludisme ou pas. S’il a le paludisme, l’agent de santé ou l’AC lui donnera un traitement gratuit qui, en 3 jours, guérira son paludisme. C’est le non traitement ou le mauvais traitement du paludisme simple qui entraine le paludisme sévère. Le programme Palu a rendu disponible les médicaments contre le paludisme sévère dans les structures sanitaires. Cependant, le traitement est plus long et peut entrainer la prise de médicaments non gratuits. C’est pourquoi, il faut consulter, dès l’apparition de la fièvre, en moins de 24h.

 

  • Peut-on dire qu’avec votre programme, l’incidence du paludisme chez les femmes enceintes a été réduite d’au moins 50% par rapport à 2015?
  • A ce jour, nous n’avons pas de données récentes sur la prévalence du paludisme chez les femmes enceintes. L’étude qui était prévue en 2015 n’a pas pu avoir lieu, à cause de l’épidémie d’Ebola. Mais une étude est en cours, elle permettra de voir l’évolution de la prévalence depuis 2012. Cependant, le projet, en collaboration avec le Programme Palu, mène de nombreuses activités de prévention destinées aux femmes enceintes. Il s’agit entre autres de la distribution de routine des moustiquaires dans les centres de santé, lors de la première consultation prénatale et la prise de la SulfadoxinePyriméthamine (SP), à partir de la 13ème semaine de grossesse, jusqu’à l’accouchement, avec un minimum d’un mois entre deux prises.

 

  • Vous avez une particularité très reconnue, qui est la promotion de la protection personnelle, notamment par les moustiquaires imprégnées d’insecticide. Pourquoi ce choix?

La MILDA est le moyen le plus efficace pour lutter contre les piqures de moustiques.

Sous le label « Dormir sous moustiquaire, un simple geste qui sauve des vies », Stop Palu, en partenariat avec le programme national de lutte contre le paludisme, sur financement de l’initiative présidentielle américaine, à travers l’USAID, a initié une campagne de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, dans 14 préfectures et les 5 communes de Conakry. Depuis, les statistiques de l’enquête démographique et de santé (EDS) de 2012, le paludisme est préoccupant avec une prévalence de 44 %. Cette campagne qui a duré 5 mois, avait pour but de servir 90% des ménages en moustiquaires et de couvrir 100% des espaces de couchages des ménages. Au total, 13.000 agents ont été déployés sur une couverture de 800.000 ménages pour 3.000.000 de moustiquaires. Ce succès participatif de Stop Palu est dû à l’implication des autorités, des leaders religieux, des médias, des groupements de jeunes et de femmes. Mieux, plusieurs stratégies ont concouru à donner un caractère participatif à MILDA, notamment les plaidoyers, les tables-rondes, les émissions interactives, les caravanes mobiles, dans les 14 préfectures (Boffa, Boké, Coyah, Dinguiraye, Dubréka, Forécariah, Fria, Gaoual, Koubia, Koundara, Labé, Lélouma, Mali, Tougué) et les 5 communes de Conakry.

  • Que dites- vous par rapport à la chimio-prophylaxie des femmes enceintes, notamment durant les premières et deuxièmes grossesses ?
  • La femme doit prendre la SulfadoxinePyrimethamine (SP) toutes les fois qu’elle est enceinte, à partir de la 13ème semaine de grossesse jusqu’à l’accouchement, à intervalle d’un mois entre les prises, devant l’agent de santé. Ces médicaments sont gratuits et disponibles dans tous les centres de santé. Les agents CPN ont été formés à l’administration de ces molécules. Pour assurer que les femmes enceintes prennent les comprimés dans les centres de santé devant l’agent de santé, le projet a rendu disponible des seaux et des gobelets.
  • Est–elle efficace, selon vous?

Elle est très efficace, parce qu’elle protège la mère et l’enfant de toutes les complications liées au paludisme, telles que:

  • l’avortement,
  • l’accouchement prématuré,
  • le bébé de faible poids à la naissance,
  • la mort du bébé ou de la maman.
  • Pouvez-vous, en trois phrases, nous décrire le financement des activités de Stop Palu ?

Le projet Stop Palu est financé par l’Initiative Présidentielle Américaine (PMI) de lutte contre le paludisme, à travers l’USAID.

  • Quel est votre message ?

A mon avis, le paludisme est une maladie grave, mais qui peut-être évitée par un geste simple, dormir sous moustiquaire. C’est pourquoi, nous lançons un appel vers les populations afin qu’elles fassent de ce slogan une réalité : « Toute la famille, toute l’année, toutes les nuits, dormons sous MILDA ». Ce geste simple permet d’éviter le paludisme et de sauver des vies. Enfin, je remercie votre tribune pour m’avoir permis de transmettre ce message sur le paludisme qui est aussi préoccupant que le SIDA.

 

 

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