Guinée : l’impact des NTIC visible sur le quotidien des citoyens

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2017

Aujourd’hui, il faut noter que le développement des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication(NTIC) occupe une place importante dans la vie des Guinéens. Pour s’enquérir de cette réalité, il suffit de les observer dans les lieux publics, les services, chez eux ou encore regarder dans les sacs qu’ils transportent souvent avec les ordinateurs, les téléphones, des appareils photos numériques …, juste disent-ils, pour pouvoir se connecter au bon endroit.

Ce changement dans le comportement est beaucoup plus visible dans l’utilisation des réseaux sociaux notamment Face book, badoo, twitter, twoo, … plus autres programmations. Outre, l’utilisation varie selon les goûts, les besoins ou la façon de voir la vie. Aye Barry, étudiante en économie dans une université privée de Conakry, pense que Face book est le chemin d’ouverture de se faire connaitre et connaitre les autres. « Avec ce réseau social, j’arrive souvent à retrouver des amis que j’ai perdus des années. En plus, j’échange des informations, je publie et j’échange des photos avec eux. Face book m’aide aussi à me départir du stress’’, laisse entendre mademoiselle Barry.

 

Mariama Sow est diplômée en pharmacie. Pour elle, rien n’est important que de faire des recherches pour se cultiver. « C’est une question de responsabilité et de choix. Le plus souvent, des gens se lancent dans certaines choses sans réfléchir sur les avantages et les inconvénients. Moi, je trouve que certains réseaux sociaux, au lieu d’apporter un plus à l’homme, l’empêchent de progresser. La plupart de ces réseaux sociaux présentent des images contraires à nos mœurs et parfois, poussent à la violence. Ici, on partage des images qui amènent à la révolte et qui vous détournent de l’idéal. Chercher des copains, des maris ou s’exposer sur la toile, font partie des inconvénients des medias sociaux. D’ailleurs, d’autres les utilisent même pour des fins d’escroqueries. C’est une question de servie et d’honneur. C’est pourquoi, je me limite juste aux recherches du savoir sur les sites responsables », confie cette pharmacienne.

Cet autre entrepreneur, Aboubacar Camara a interdit tous les réseaux à ses employés aux heures de pointes. « J’ai dit à mes travailleurs, si je surprends quelqu’un pendant les heures de travail en train de naviguer sur les réseaux sociaux, il sera purement et simplement remercié. Moi, je ne trouve rien dans ça. Tout ce qui me fait perdre le temps, l’argent, n’a pas sa place chez moi’’, soutient-il.
Pour cet expatrié, Ahmed Diallo, la façon d’utiliser les réseaux sociaux par la plupart des Guinéens prouve à suffisance qu’ils n’ont pas de notions de base en la matière. « Prenons le cas de Face book, vous ouvrez votre page, quelqu’un que vous ne connaissez pas et qui ne vous connait même pas, vous amène une invitation. Non, ce n’est pas comme ça. Le principe est simple et clair. Vous avez vu quelqu’un que vous avez perdu longtemps, vous l’inviter pour renouer les relations et les contacts avec vous. Certains vont loin parce qu’avec ce même réseau social et des inconnus, ils échangent des contacts, traitent des affaires et se permettent parfois de célébrer ensemble un mariage qui est souvent vouer à l’échec », fait remarquer cet expatrié.

Fatimatou Diallo, journaliste estime qu’elle se crée des amis et s’informe à travers les réseaux sociaux. « Je m’informe sur l’actualité, je me cultive, parfois, je diminue certains soucis car, si tu es sur le Net, ça te divertit en un mot. Il me faut me connecter pour découvrir pleine de chose que j’ignore », explique-t-elle. Par contre, elle déplore la mauvaise utilisation de certains réseaux sociaux. «  Il y a des menteurs et arnaqueurs qui s’en servent. C’est pourquoi, si vous êtes sur ces réseaux, soyez objectifs et prudents », conseille-t-elle enfin.

En dépit de tout, il est à noter que le développement des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication(NTIC) reste la clé primordiale pour tout Etat qui aspire au bien être de sa population.

Pour rappel, entre 1983 et 1985, le Docteur Richard Stallman, consignait dans le manifeste du GNU, son projet de développer un système d’exploitation de type Unix, dont le code source serait ouvert.

Il a publiquement exposé ses motivations en ces termes : « Je considère comme règle d’or mon devoir de partager un programme que j’aime avec les autres gens qui l’aiment. Les éditeurs de logiciels veulent diviser et conquérir les utilisateurs, interdisant à chacun de partager avec les autres. Je refuse de rompre la solidarité. Je ne peux pas, en mon âme et conscience, signer un accord de non-divulgation ou une licence de logiciels. […] Pour continuer à utiliser les ordinateurs en accord avec ma conscience, j’ai décidé de rassembler un ensemble suffisant de logiciels libres pour me débrouiller sans logiciels non libres. »

Aujourd’hui, le mouvement du logiciel libre a dépassé les frontières de la ville de Richard Stallman, avec des communautés de contributeurs dont le savoir et les savoir-faire continuent d’adresser des problématiques spécifiques dans le monde. Utiliser le logiciel pour tous les usages, étudier son fonctionnement, le modifier tout en l’adaptant à nos usages et le redistribuer à toute la communauté sont les fondements du logiciel libre qui réinstalle l’utilisateur au cœur de l’informatique.

Nous entrons ainsi dans une nouvelle ère, celle de l’informatique qui ne s’impose pas à l’utilisateur, ni aux collectivités encore moins à la culture des peuples. Nous écrivons en lettres d’or l’histoire de l’informatique et en général du numérique qui répond de manière profonde à des besoins de développement et d’innovation inclusifs. Nous parlons désormais de l’informatique qui s’adapte et s’adopte.

Tout le monde se pose une question fondamentale. Le logiciel libre constitue t-il un levier d’émergence pour le numérique en Afrique ?

La culture du logiciel libre va aujourd’hui au-delà même de l’informatique. Nous parlons beaucoup plus du Libre plutôt que de logiciel libre. Cela nous permet de sortir le Logiciel Libre des laboratoires, des hackerspace et autres makerspace, pour  montrer au citoyen ordinaire que le Logiciel Libre et la culture du Libre donnent une certaine prédisposition pour le développement des différents territoires africains, donc de la Guinée.

En Afrique, nous continuons d’investir beaucoup d’argent dans l’éducation car nous y tenons. Comme le disait Nelson Mandela : « L’Éducation est l’arme la plus fatale pour changer le monde ». Il est donc pertinent d’éduquer et de former la jeunesse africaine de façon stratégique afin qu’elle soit détentrice d’un savoir libre, afin qu’à partir de ce savoir elle puisse prévoir pour mieux agir par elle même.

Pour former de très bons développeurs d’applications en Afrique, les étudiants africains doivent avoir la possibilité d’accéder aux codes sources des logiciels existants afin d’étudier leur fonctionnement. La relecture des codes rédigés par de très bons développeurs permettra à la jeunesse africaine de monter en compétences et d’acquérir des savoir-faire.

Le Logiciel Libre aux mains de la jeunesse guinéenne fortifiera notre continent l’Afrique qui souffre de sa double fracture numérique. La conjugaison de la culture du Libre et de la jeunesse guinéenne produira dans nos universités, des technocrates « made in Guinée » rompus à la résolution des difficultés de l’Afrique avec le regard africain dans un cocktail de compétences, d’indépendance, d’ouverture, de démystification, de partage, d’accessibilité et de collaboration.

On ne doit pas interdire aux élèves et étudiants de nos universités africaines de partager les codes sources de logiciels, de faire des copies des logiciels, de les partager et de s’entraider. C’est malheureusement ce que nous observons dans bien de contrats des logiciels utilisés sur nos campus. Les jeunes africains sont formés dans la division, ils sont éduqués à travailler et apprendre séparément dans l’individualité mais paradoxalement après leurs diplômes, on les réinvite à travailler en collaboration en entreprise. Si notre société doit survivre par l’intelligence collective, nous devons alors l’enseigner et en faire notre nouvelle monnaie.

Une autre approche pour l’émergence du numérique est l’ouverture des données que rend possible la culture du logiciel libre : l’Open Data. Les données publiques doivent simplement et librement être accessibles et réutilisables, car la mise à disposition des données publiques est une obligation légale mais aussi et surtout une mine d’or et de possibilités inestimables.

Nos capitales africaines, dont Conakry, évoluent dans un environnement complexe alimenté par un besoin constant d’adaptation par une meilleure appropriation des technologies et essayer de nouvelles orientations loin des faiblesses du modèle industriel, la surconsommation de ressources et la génération de déchets et d’outils déconnectés des besoins des utilisateurs, est aussi un axe de développement de l’Afrique.

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