ELECTIONS AMÉRICAINES: Le cri d’alarme d’un vétéran contre Trump

0
972

Si le vote des vétérans est traditionnellement acquis au candidat républicain, les attaques lancées par Donald Trump à l’encontre de la famille d’un soldat musulman tué au combat, ou les mensonges sur son passé militaire ont semé le doute au sein de cette institution conservatrice.

Le candidat républicain garde les faveurs de cet électorat très mobilisé (55% d’intentions de vote contre 36% pour Clinton), mais de plus en plus de voix s’élèvent pour exprimer leur inquiétude. «Il a montré à de maintes reprises que son tempérament était incompatible avec le sérieux que requièrent les questions de sécurité nationale», s’alarme ainsi Shawn VanDiver, vétéran de 34 ans qui vit à San Diego, après avoir passé douze années comme expert en armement dans la Navy, dont dix en opération à l’étranger (Moyen-Orient et Amérique du Sud).

22 millions de vétérans au Etats-Unis, dont 1,8 million en Californie

Avec environ 1,8 million de vétérans, la Californie est l’État américain où se trouve la plus grande concentration. Et à San Diego, qui compte à elle seule pas moins de 160.000 militaires stationnés, l’élection présidentielle est âprement débattue. «Cela me fend le cœur de voir d’autres vétérans tomber dans les pièges de Trump. Je me souviens ce que c’est d’être militaire. On a l’impression qu’il faut être républicain. Mais dans l’histoire de l’armée, les républicains ont été très bons pour nous envoyer au combat et à la mort, alors que les démocrates ont bien mieux pris soin de nous», explique ce fervent partisan du couple Clinton.

Shawn VanDiver, jeudi, à San Diego.

Horrifié par les récentes déclarations de Trump sur les femmes, ce père célibataire d’un garçon de 7 ans redoute que son discours ne «normalise les agressions sexuelles qui sont déjà un fléau dans l’armée». «S’il est élu, l’armée, qui est devenue plus progressiste au cours des dernières années, risque de revenir en arrière». Les Etats-Unis comptaient environ 22 millions de vétérans en 2014, dont environ 10% de femmes.

Aujourd’hui consultant, Shawn VanDiver estime plus largement que le défi du prochain président des États-Unis sera de «changer le système qui permet de déclarer une guerre sans savoir comment le pays s’occupera des militaires qui y ont participé à leur retour».

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here