Madame Koundia Aicha Sylla

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Mme Kounia Aicha Sylla est  une interprète Italienne d’origine Guinéenne qui  s’occupe  des demandeurs d’asile, souvent confrontés aux tracasseries de la Commission Territoriale.

Elle vit au quotidien l’arrivée massive des refugiés  qui sont au début, tétanisés par un monde occidental qu’ils intègrent très difficilement…

 

Madame Koundia Aicha Sylla, vit à Milan(Italie) avec mon mari Aly Koundia,  Economiste de formation.

Madame Koundia Aicha a passé son école primaire à Mamou ; le collège et le  lycée à l’ENU de Conakry  puis l’université à Koffi Annan de Guinée.

Faisant partie de la première promotion de l’université de Guinée  en économie et gestion, Madame Koundia Aicha a travaillé comme agent commercial à l’Agence de voyage express travel Guinée.

Animée par l’amour de travailler dans une compagnie aérienne, elle a suivi  les cours de l’IATA. Juste après cette formation, elle a été embauchée par l’Agence de voyages Elhadj Kabinet Diané comme chef d’Agence.

Dans le souci de mieux faire, en 2004 ; Madame Koundia Aicha  s’est rendue à Dakar pour continuer sa formation dans l’aviation civile.   C’est après qu’elle a eu à travailler encore comme agent de comptoir à Safari évasion jusqu’à 2009, année à laquelle, elle a rejoint son mari en Italie  plus précisément à Milan.

Dans cette nouvelle ville,  elle a suivi d’abord les cours italiens niveaux A1 jusqu’après  elle s’est fait inscrire pour faire les cours de médiation culturelle et linguistique. Ce qui lui a permis d’être de s’inscrire  au registre des médiateurs et  travailler au compte du tribunal de Milan dans le service immigration, tribunal des mineurs. Dans ce nouvel univers, elle collabore avec la commune de Milan et beaucoup d’autres coopératives qui s’occupent de l’immigration.

Actuellement, son travail consiste à traduire certains dialectes africains en italien et préparer les demandeurs d’asile pour mieux affronter la commission territoriale. Et, les expliquer ce qui les attend,  comment se comporter devant la commission ou au tribunal au cas de recours.

Dans cette noblesse mission, notre interlocutrice assiste aussi à l’intégration de certains demandeurs en leur expliquant comment on vit les règles, les lois puis les accompagner à faire leurs premiers documents parfois dans les hôpitaux bref les suivre pour une meilleure intégration évidemment avec les opérations d’éducatrice et d’assistance sociale.

Pour notre interlocutrice,  c’est un travail complexe parce que vivant entre les demandeurs et tout ce qu’elle a eu à citer.  Pour faire ce métier, il faut être bien préparé culturellement c’est à dire connaitre un peu la culture de provenance et de résidence.

Parlant des statistiques des demandeurs, elle soutient que le taux de demandeurs d’asile ne fait que se multiplier. Ils ne font que débarquer tous en provenance de Libye.

Selon Madame Koundia Aicha, ces demandeurs se présentent souvent dans des états très pitoyables car 98/100 ont subi des tortures en Libye: frappés, violés, réduits en esclavage. C’est pourquoi, soutient-elle, dès leur rentrée, on les  fait passer au contrôle sanitaire ; beaucoup de demandeurs finissent chez les psychologues ou psychiatres.

Les difficultés majeures, aujourd’hui, c’est que beaucoup ces demandeurs d’asile sont rejetés à la fin  et ils sont dans les centres deux ans ou plus sans documents et après ils se retrouvent dans les rues.

Déçue de cette situation, elle confie que souvent, ces migrants restent après avoir risqué leurs vies pour venir en Europe des clochards ou mendiants dans les rues ; ou bien ils vont dans les champs pour faire les récoltes avec un salaire misérable et un travail très pesant.

Sur la nationalité des exilés, elle a rappelé qu’avant, ils enregistraient beaucoup l’arrivée des filles nigérianes. Mais de nos jours, les Ivoiriennes et certaines Guinéennes commencent  à prendre le peloton de tête.

Vous savez, on leur parle de bateaux mais ce n’est pas des bateaux en réalité plutôt des canots pneumatiques  où on les surcharge comme des sardines. S’ils n’ont pas la chance de rencontrer la marine militaire ou  les bateaux de pêche, ils finissent par couler.

Pis, beaucoup des immigrés, une fois arrivés  et croyant trouver le paradis sur terre, sont confrontés à toutes les difficultés: d’abord, des problèmes de documents puis de la langue  d’intégration pour trouver même du boulot.

Aujourd’hui, l’Italie a du mal à accueillir tous ces migrants à cause de l’afflux. Ces derniers débarquent tous les jours puis on les met dans les centres d’accueil  qui sont pleins et dans les conditions impitoyables.

Confrontée aux réalités des émigrés, Madame Koundia Aicha conseille  à ses frères et sœurs africains de ne pas se lancer dans ces aventures ‘’aveugles’’. Pour elle, rien ne sert de perdre sa vie pour venir en Europe. Ce n’est pas un paradis terrestre, restons chez nous si on n’arrive pas avoir le visa ; la vie est mieux en Afrique.

Madina Men