Interview exclusive du Président du GOHA (Groupe Organisé des Hommes d’affaires), El hadj Cherif Abdallah

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Abdallah Chérif le Président du GOHA présente son organisation, qui a des embranchements dans tout le pays et noué des relations avec des organisations similaires. De retour d’Iran, il démontre que plusieurs opportunités d’affaires de ce grand pays islamique, l’Iran souvent méconnu et méprisé s’offrent. Et le cadre de concertation Iran-Afrique peut être une locomotive de développement.

Que signifie GOHA ?

Le GOHA est un groupe constitué d’hommes d’affaires. Le GOHA est créé le 13 septembre  2003 au marché de Madina.

Présentez-vous monsieur le président ?

Je m’appelle chérif Abdallah, né à Labé, j’ai commencé mes études primaires et secondaires à Labé, j’ai eu à faire d’autres formations et ensuite  je me suis lancé pratiquement dans les affaires dans les années 85. Je suis  maintenant dans le monde des affaires et Président du GOHA.

Comment êtes vous devenu président du GOHA ?

Cette initiative de créer le GOHA  est venue de moi-même parce qu’en 1996, j’avais un magasin d’alimentation dans la marché à Madina. Il y avait des fonctionnaires et des hommes en tenues  qui venaient nous harceler, nous les commerçants dans le marché. Il fallait qu’on trouve une solution. Or à l’époque, il n’y avait ni radio, ni media privé pour pouvoir diffuser tout cela. Finalement, en tant que bon citoyen, nous avons décidé de mettre une organisation sur place pour la promotion, la protection des droits  des commerçants guinéens et à travers le monde.

Si je comprends bien le GOHA est purement local, Vous n’avez pas une affiliation avec une organisation  internationale ?

Le GOHA est international parce qu’il est partout, sur tous les continents ; on a un bureau exécutif, un conseil de sages et de réconciliation et plusieurs sections juridique, communication et comptabilité. Nous avons aussi des démembrements.

Quels sont les objectifs du GOHA ?

Les objectifs sont : faciliter les échanges commerciaux, le transfert de  technologies entre la Guinée et les autres pays du monde, faire la promotion, la protection de l’environnement et la défense des opérateurs économiques.

Vous venez de visiter l’Iran où il ya plus de 30 entreprises spécialisées dans l’agro-industrie  les mines le transport, l’infrastructure. Quelle opportunité d’affaires avec la Guinée?

L’Iran est un grand pays, qui respecte les normes, un pays musulman, qui respecte tout ce qui est produit de qualité. Nous avons visité le pays qui est très merveilleux comparativement aux images qu’on reçoit de l’extérieur. Là-bas, tout le monde est en costume ; c’est un peuple civilisé, un pays très accueillant. Franchement, les iraniens ont la technologie. Coopérer avec l’Iran peut faire profiter la Guinée, voire décoller carrément les entreprises    guinéennes. L’Iran a beaucoup de ressources profitables à la Guinée notamment, les sources d’énergie, les infrastructures (construction  des tunnels).

En matière de communication qu’est ce que l’Iran peut  faire pour les medias ? Pourquoi ne pas organiser une sorte de journée avec les medias guinéens et les communicateurs’’ iraniens’’ ?

C’est en perspective parce que nous venons de mettre en place un bureau de coopération du secteur privé Iran-Afrique, dont moi-même je suis le coordinateur Général  pour l’Afrique. Quand nous allons finir d’étudier le terrain, les medias seront les premiers informés. Déjà nous avons passé  des informations sur l’installation des bureaux aux medias. L’installation de ce bureau de coopération du secteur privé Iran-Afrique, c’est quelque chose de très ambitieux qui sera mis en place qui va rassembler l’ensemble  des hommes d’affaires Africains qui va rester en synergie avec les opérateurs économiques iraniens pour des transferts de technologie et des échanges commerciaux.

Entre temps vous étiez  remonté contre le gouvernement  après les saccages contre vous les opérateurs économiques, lors des événements de 2013. Où en êtes-vous avec les dédommagements ?

Vous savez notre objectif c’est notre organisation. Depuis  la création du  GOHA  très malheureusement nous sommes confrontés à beaucoup de problèmes. Je vous ai expliqué les objectifs du GOHA, relatifs à la  promotion et la protection des operateurs économiques. Nous avons enregistré près de 1500 dossiers concernant près de 570 opérateurs économiques victimes de pillage depuis 2007 jusqu’aujourd’hui avec une perte de 219 milliards de francs guinéens. Les différents gouvernements ont toujours promis. Mais jusque-là rien.

Que fait le GOHA contre l’inflation ?

Le problème de l’inflation est une question très complexe et difficile à résoudre. L’Etat est chargé de gérer la politique Régalienne tandis que les hommes d’affaires ont un rôle de  conseil. D’abord, on doit promouvoir l’agriculture  pour que nous puissions exporter nos produits, afin qu’il y ait un équilibre entre les sorties et les entrées de devises. Nous, en ce qui nous concerne, beaucoup d’entre-nous se sont lancés dans l’agriculture et l’Etat au lieu de nous encourager, semble ne pas prendre en compte nos peines. Ceci nous décourage et nous nous rendons compte que nous ne sommes pas du tout en sécurité. Tout récemment la plantation d’un opérateur a été brulée. Il a perdu près de 20 000 hectares.

Alors comment se fait-il qu’en période de ramadan les prix des denrées de première nécessité grimpent vertigineusement malgré votre appel à la retenue ?

Je dirai que ce n’est pas encore la faute aux commerçants. Avec la dernière imposition, il y a quatre mois, sans consultation des opérateurs économiques, ceux-ci se retrouvent surchargés de taxes. Il me semble que c’est ce qui se répercute sur le pouvoir d’achat des populations. Ce qui fait malheureusement que nos importations sont grevées de taxes au mois de ramadan, au port de Conakry.

Malgré la plaidoirie,  les taxes et les redevances ne font que pleuvoir sur les hommes d’affaires. Comment expliquez-vous cela ?

Le GOHA a été exclu de toutes les rencontres officielles c’est-à-dire avec le ministre du budget, le Directeur National des douanes, et celui des impôts. Dommage que nos campagnes de sensibilisations avec les autorités aient été financées sur fonds propres. Pis, nous déplorons que depuis l’arrivée du Gouvernement de Alpha Condé, il n’y a jamais eu de cadre de concertation approprié et officiel avec les autorités.

Alors, ne peut-on pas expliquer l’inflation par le transfert des fonds des opérateurs économiques ?

Alors que le GOHA est créé d’abord pour les hommes d’affaires de Guinée, nous constatons avec déplaisir, que certains opérateurs économiques, prétextant ne pas être en sécurité transfèrent leurs fonds à l’étranger. Mais nous sommes en pourparlers pour les amener à revenir.

N’est-ce pas mieux qu’à la fin d’Ebola le partenariat soit rétabli entre l’Etat et les opérateurs économiques afin que le panier de la ménagère soit satisfait ?

Déjà, le GOHA multiplie des actions pour favoriser l’investissement en Guinée. Aussi, nous exhortons les autorités à mettre en confiance les opérateurs économiques locaux afin qu’il y ait une synergie favorisant un secteur privé fort.  Au moment d’Ebola, nous avons distribué des kits sanitaires sur tous les marchés du pays, sur toutes les places publiques et même au niveau des frontières. On s’était vraiment mobilisé pour la lutte contre Ebola.

Votre message M. le Président.

Tout en exhortant le gouvernement à continuer ses fonctions Régaliennes, le GOHA est disposé à sensibiliser davantage les opérateurs économiques pour qu’ils se mettent à l’écoute des autorités. Mieux, nous aurons voulu qu’il y ait plus de sécurité pour les opérateurs économiques maintenant, que par le passé. En somme, des actes concrets.

Don de Dieu Agossou