Aliou BAH(BL) : « La Guinée est en train d’aller …

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Aliou BAH, chargé de communication du Bloc Libéral (BL) : « La Guinée est en train d’aller dans la bonne direction  à travers l’engagement de sa jeunesse»

L’avènement d’une nouvelle élite sur la scène politique guinéenne, les approches de solutions pour une sortie de crise… sont entre autres questions auxquelles Aliou BAH a répondues dans votre Madina Men. Lisez !

Aujourd’hui, vous êtes de la nouvelle génération politique ; quelle vue d’ensemble avez-vous sur la sphère politique guinéenne?

Monsieur Aliou BAH : Le paysage politique guinéen est diversement composé. Parce que d’une part, nous avons une génération d’hommes politiques  qui est sortante et d’autre part l’émergence d’une nouvelle classe qui s’affirme. Notre pays a la particularité d’être composé majoritairement de jeunes.
Les responsabilités dans les partis politiques s’affirment avec la jeunesse. Il y a un rapport de forces qui s’exerce de ce fait. Ceux qui sont sortis tiennent pratiquement un discours qui ne suscite plus d’engouement et de la sensibilité. Je crois qu’il y a une jeunesse qui est en train d’émerger et consciente des défis qu’il faut relever. En plus, elle se rend compte qu’il faudra être dans les instances de décisions. Parce qu’elle a trop subi les conséquences de son inaction, son indifférence par rapport à la politique. Je crois qu’elle a été sanctionnée, parce qu’elle est aujourd’hui mal gouvernée. Cette prise de conscience de cet état de fait amène la jeunesse guinéenne à s’intéresser et le renouvellement de la classe politique s’impose.

Les droits de l’homme, d’après certaines organisations de défense des droits humains, sont brimés dans et par l’ensemble de la société guinéenne. Qu’en  dites-vous ?

Nous avons choisi l’option de la démocratie. La question de droits de l’homme est devenue une question centrale dans toutes les grandes démocraties. La Guinée a déjà brillé, malheureusement par son histoire politique très douloureuse, par la violence politique et qui continue. Je crois que nous venons de très loin, pour ce que nous avons subi de par le passé. Alors, il faudrait rebâtir autre chose, où les questions de droits de l’homme doivent être au cœur de nos priorités. Ceci va renforcer l’image de notre pays à l’international et la confiance qui doit exister entre les gouvernants et les gouvernés. Si cette confiance revient, nous avons la chance de gagner beaucoup de points dans cette nouvelle Guinée que nous voulons bâtir. Les dirigeants doivent montrer l’exemple.

Vous êtes aujourd’hui  un modèle pour la jeunesse guinéenne. Quel message véhiculez-vous auprès de ces jeunes dans la prise de conscience et la participation aux instances de prise de décisions ?

Un modèle ? Je l’accepte avec beaucoup de modestie. Je dirais simplement que je suis un des milliers de jeunes Guinéens qui se sont engagés et décidés de croire à nos rêves, qui ont une conviction, croient à une Guinée meilleure, et certainement, qui ont des opportunités ailleurs, mais ont refusé de s’exiler ou de s’installer ailleurs. Ils ont choisi de vivre et de se battre en Guinée. Ils sont nombreux à avoir autant de mérites. Peut-être la différence entre les uns et les autres, c’est surtout l’engagement. Parce qu’il y a beaucoup de réticences jusqu’à présent. Certains croyaient que pour aller en politique en particulier, il fallait une initiation préliminaire, ce qui n’est pas vrai. Les jeunes de Guinée commencent, comme moi, à prendre conscience et surtout à savoir qu’ils doivent être dans les instances de décisions. Parce que c’est à ce niveau que ça se joue pour ne pas continuer de se victimiser à travers les décisions des autres. Il y a un l’adage qui dit « quand vous ne faites pas de la politique, vous serez sanctionnés en étant gouvernés par moins valeureux que vous ».

En plus de la politique, vous donnez des cours dans plusieurs universités guinéennes. Quel est votre constat et conseils donnez-vous pour l’entreprenariat et l’innovation chez les jeunes ?

Je suis très fier d’intervenir dans le domaine de l’éducation. C’est un choix que j’ai fait. Le mode d’enseignement en Guinée n’offre pas un bon tableau. Comparativement à certains pays de la sous-région qui consacrent 40% de leur budget à l’éducation et qu’en Guinée, tout le secteur confondu n’absorbe pas plus de 13% du budget national, c’est regrettable. Je crois qu’en remettant le système au cœur des préoccupations de l’Etat, on aura beaucoup à gagner. Je suis un acteur du secteur qui constate tous les jours la détérioration du niveau de l’enseignement. Non seulement le programme pédagogique est devenu obsolète par rapport à ce qui se passe dans le monde, les besoins de l’économie ; il y a incompatibilité entre les formations qu’on donne ou les filières qu’on a créées par rapport au besoin du marché de l’emploi.

Quel  est votre rêve politique ?

Je suis en politique, parce une c’est une vocation que je me suis choisie. En espérant que la responsabilité publique, je peux y apporter ma contribution en tant que décideur. Mon rêve c’est de voir une Guinée où chacun de nous va s’épanouir. J’ai une préférence plus pour une responsabilité élective que pour celle nominative. Pour moi, aller directement vers les électeurs et se faire élire, c’est plus important que de bénéficier d’un décret qui aurait été signé selon les considérations que je ne maitrise pas. C’est pourquoi dans les échéances futures, je compte, au sein de mon parti, si je bénéficie de la confiance des responsables, militants et sympathisants, briguer un mandat. Je ne sais pas si ça sera au niveau local ou national. Seul l’avenir nous dira.

Amadou Mouctar Diallo & Feu Oumar Daroun

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