Guinée: les hôpitaux publics, le revers !

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Aujourd’hui, nos hôpitaux et autres  centres de santé sont devenus des lieux où le pauvre n’est pas le bienvenu. Il faut  y être pour s’enquérir des faits. C’est une triste réalité que vivent au quotidien les Guinéens.

L’argent, l’argent et encore l’argent… C’est le nouveau serment de nos médecins.

« L’argent ou la mort. Suivons le témoignage du parent d’un défunt rencontré sur les lieux. « Mon frère est décédé suite à un accident de la circulation. Il ne devrait pas mourir, mais par la faute des médecins de garde, il a trouvé la mort au petit matin. L’accident s’est passé à Coléah Moussoudougou, non loin de la statue d’Almamy Samory Touré, au rond point. C’était en 2013 vers 23 heures quand lui et son ami  ont heurté un camion. Les deux ont été extraits de la voiture, se sont rendus à l’hôpital Ignace Deen. Aux urgences, on leur apprend qu’il n’y a pas de lits. Ils sont assis par terre pendant des heures. Personne pour s’occuper d’eux malgré les cris de douleurs qu’ils poussaient. Lorsque le médecin est venu, il nous a demandé si on a de l’argent sur nous.  Nous leur avons dit que nous avons appelé la famille et qu’elle arrivait avec de l’argent et nous leur avons demandé de soigner les accidentés. Il nous a tourné le dos en nous disant de le rappeler lorsque nos frères vont arriver. Quelques secondes après, je vois mon frère qui git sur les carreaux avec du sang dans les narines et dans les oreilles, la bouche ensanglantée. Et il ne s’est plus réveillé,» explique Amadou Baillo Diallo.

Et ce n’est pas le seul cas ! En Guinée et notamment à Conakry, il y a pléthore de cas similaires. Tout récemment, une journaliste a perdu son nouveau-né à la maternité de l’hôpital Ignace Deen par la faute de sages-femmes cupides.

Où est passé la décision du  Président de la République,  sur la prise en charge gratuite,  il y’a de cela 5 ans ?

Tenez ! La césarienne coûte aujourd’hui plus chère en Guinée qu’avant cette décision. Les médecins deviennent plus ‘’avares’’. Madame Kaba Saran Camara, enseignante soutient que  la prise en charge de la césarienne n’est pas du tout gratuite. «  D’une manière ou d’une autre, la patiente paye toujours les prix de l’intervention. Sinon, elle  risque de perdre la vie ou celle de son enfant. Moi j’ai subi une intervention, il y a presque deux (2) mois de cela mais mon mari a payé 500 mille GNF. En plus, il  paye 15.000GNF pour chaque pansement. Avant la décision du Président de rendre gratuite cette opération, on payait moins. Je me rappelle en 2010, l’opération et la prise en charge de ma sœur a couté 350 mille francs guinéens à son mari », compare-t-elle.

C’est le libertinage dans ces centres de santé. Madame Sylla Mariam est victime. « Quand je suis venue pour accoucher au centre de santé de Matam, on m’a dit qu’il fallait procéder à la Césarienne. Les médecins ont demandé 500.000GNF pour la prise en charge excepté les frais de pansement. Mon mari n’avait pas cette somme sur lui, ni à la maison. Donc il était obligé de revendre certains de nos biens pour faire face au problème. Une semaine après, c’est ma belle sœur  qui a payé  600 mille francs guinéens pour la même cause. Le pire, c’est que ce montant à payer n’est pas fixe. Certains payent 500.000GNF, voire un million francs guinéens .Ils nous font payer tout le kit. Même le gant. Il faut débourser de l’argent. Il faut avoir suffisamment les espèces sonnantes et trébuchantes. Faute de quoi votre femme accouche par terre sans assistance», soutient-t-il.

Sous anonymat, un docteur de l’hôpital Donka répond. « Il n’y a pas eu de mesures d’accompagnement après l’annonce du Président de la République. Nous avons la volonté d’appliquer la décision mais  l’absence de moyens fait défaut », estime-t-il.

Aujourd’hui, la Guinéenne continue à garder son mal en patience et se demande à quand elle sera épargner de la mort en donnant la vie.

Mouctar Diallo

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