Quand les lignes bougent

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Depuis la dernière rencontre du président Alpha Condé avec son principal opposant, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, patron de l’UFDG, toutes les discussions, dans la capitale Conakry, voire à l’intérieur du pays, tournent autour de ce sujet. Et du coup, on a l’impression que l’atmosphère délétère qui empoisonnait la vie politique en Guinée depuis l’avènement de « l’opposant historique » Alpha Condé, s’est très fortement détendue. Les Guinéens se mettent même à rêver de « gouvernement d’union nationale » ou de « gouvernement de large ouverture », tellement ils ont été traumatisés par cette situation des plus pénibles.

Les invectives ont cessé et c’est comme une nouvelle ère qui s’ouvre, avec toutes ses promesses de bonheur et de paix.

Du côté de la classe politique, l’exemple donné par Alpha et Cellou est en passe de se généraliser et les discours se font plus « civilisés ». Le temps des faucons semble être révolu, c’est le temps des colombes. Et comme pour mettre de l’eau au moulin de cette nouvelle dynamique, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), le Général Boureïma Condé, n’a pas attendu un seul instant pour inviter gouverneurs et préfets à aussitôt emboiter le pas au chef de l’Etat, en ouvrant le dialogue avec les représentants de l’opposition à l’intérieur du pays et en facilitant leurs activités sur le terrain. A grand renfort de médiatisation, ce message d’un type nouveau n’a pas tardé à amener certains observateurs de la vie politique nationale à en déduire un aveu de la part de ce grand commis de l’Etat, qui reconnaitrait ainsi que toutes les entraves rencontrées par les opposants dans le cadre de leurs activités publiques (manifestations entre autres) n’étaient autres que des ordres venant du pouvoir central, au plus haut niveau.

Cependant, l’apaisement qui s’installe ainsi en Guinée n’est pas du tout synonyme de reddition d’un quelconque camp. Tout simplement, ce sont les lignes qui ont bougé et cela s’est opéré des deux côtés : pouvoir et opposition. Ils ont bougé dans le bon sens, c’est-à-dire en se rapprochant.

Pour mieux palper cette nouvelle donne, Madina Men a rencontré certains acteurs importants de la vie politique et de la société civile guinéenne. Il se dégage de leurs discours un ton nouveau qui, s’il n’est plus rempli de virulence, n’en demeure pas moins ferme dans la détermination et dans la ligne politique.

 

 

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